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Un taureau se moquait
de son voisin le baudet,
le traitant de "lion sot".
Car, disait-il : " Tu as la tête
à être roi, non d'animaux, ,
mais de ceux qu'on nomme bêtes.
Tes oreilles
vont à merveille
au bonnet de l'ignorance
qui te coiffe en permanence.
Ta voix est si désagréable
qu'on t'enferme dans une étable.
Parent pauvre du coursier,
tu n'es bon qu'à besogner
et semble n'avoir pour but
que d'être toujours en rut.
Mais surtout tu es un lâche,
souvent battu, pourtant content,
plus fier de ton instrument
que de son titre un marquis.
Vois, à m'écouter tu ris !
Buté, têtu, soumis, vicieux,
tu es le pire sous les cieux !
Oui, tu mérites l'attache
qui te lie présentement.
- Mon ami, ne sois pas vache ""
répondit Aliboron,
"Tous deux mourrons à la tâche
mais pas de même façon.
Toi, tu rempliras l'arène
de tes derniers beuglements.
Mon sceptre est d'une autre veine,
moi, je remplis les juments.
De plus j'ai le droit d'ânesse.
Ce qui pointe sur ton front
-disons par délicatesse-
l'est par insémination.
Certes oui, j'ai des défauts.
Mais plus que moi tu es sot.
Artiste jusqu'en mes travers,
ma queue me sert de pinceau.
Et mon nom, mis à l'envers
figure au bas d'un tableau.
Toi, tu prends pour ornements
la cause de tes tourments.
Pour toi la gloire et la mort :.
bel exploit d'être vaincu !
Ma devise" Foutre d'abord."
Je vivrai grâce à mon cul.
Moralité:
C'est un vivant qui vous le dit :
"Forniquer, c'est signe de vie ! "
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