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Sous ta bouche pulpeuse où le désir a faim
Les doigts d'or du soleil ont satiné ton sein
Et le soir alangui qui baille et qui paresse
S'immobilise enfin.
Les chants, les chants très doux de la mer et du vent
Se mêlent à la sève vive qui descend
Des grands arbres rêveurs qui chaloupant ne cessent
D'appeler l'océan.
C'est un hymne à la vie et peut-être jamais
Je n'ai si bien saisi le sens de ce mot : "Paix".
C'est comme en la chanson. Veux-tu que je te dise ?:
Vraiment l'heure est exquise.
Aurais-je retrouvé le Paradis Perdu ?
Oui! puisque te voilà, que le pays t'a plu.
C'est de semblables soirs que naissent les poèmes.
Douce,le ressens-tu?
Vois! les quatre éléments vivent le plein accord.
Mon Dieu est-il possible qu'ailleurs ce soit la mort ?..
La guerre, horrible guerre où l'homme qui la sème
Se croit un esprit fort ?
Vraiment le monde est fou dans son plaisir pervers
A s'auto-mutiler; à creuser ses travers.
Ah ! pouvoir "leur" montrer et leur faire comprendre !..
Ce soir, l'heure est si tendre !
C'est par un tel moment, dans un endroit pareil,
Que je voudrais partir rejoindre le soleil
Dans sa course marine au fond des noirs abymes
De l'océan vermeil.
Je songeais à la vie et je parle de mort.
Mais mourir, ce n'est rien, c'est donner son accord,
Changer son quotidien pour des rêves sublimes
Et l'envers du décor.
Plus de si, plus de mais, d'ennuis, d'empêchements,
Plus de "qu'en-dira-t-on ?", plus d'espace, de temps !
On délaisse à jamais sa carcasse endormie
Pour son âme infinie.
Mais puisque l'on doit tous accomplir notre temps,
Je voudrais désormais que s'écoulent nos ans
En cet îlot de paix, de clarté, de printemps
Où le vent est poète.
Les désirs partagés sont les plus accomplis
Et puisque comme moi, tu comprends ce pays,
Nos enfants fleuriraient au coeur d'un oasis
Dans un jardin de fête.
Là-haut les chants très doux des rêves et des cieux
Semblent un choeur immense, ensemble harmonieux.
Le Bonheur est ici. L'heure se divinise.
Et toi tu es exquise .
Binic été 1978
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