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J'avais pourtant laissé ma porte
ouverte et ouvert grand mon coeur.
J'avais cueilli mes plus doux rêves
et mes toutes dernières fleurs.
Préparé mon plus beau sourire
-celui que tu prétends charmeur-.
Sacrifié ma tignasse folle
-ô l'air ahuri du coiffeur !-
Attendaient de tourner tes disques
préférés, les miens les meilleurs.
Au four cuisaient des coquelets
-que j'ai laissés brûler d'ailleurs-,
Coquille et bouchée à la reine
qui sortaient de chez le traiteur.
J'avais même mis du champagne
un instant au conservateur.
Comme gâteaux des religieuses
-je te crois plus mante que soeur-.
Mais mon lit n'avait souvenance
de tes abandons et sueurs.
Dans un écrin, sur ton assiette,
un bijou de peu de valeur.
Ce cadeau, un rien, une bague,
était merci d'admirateur.
Tout était prêt pour ta visite,
tout invitait à la douceur.
J'avais fait plus et davantage
et flêché l'entrée au bonheur;
Oui ! tout était prêt pour la fête,
pour les accordailles du coeur.
J'avais dessiné ton visage
...et tu m'as envoyé ta soeur !
Seras-tu son témoin à notre mariage ?
Dinard 1962 Inspiré d'une histoire vraie.
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