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Viens fleurir ce matin la tombe des envies
En deuil de mes désirs qui étaient leur germoir
Et que le cours des rêves aux quêtes évanouies
A laissé s'échouer d'absence de vouloir.
Viens fleurir le cercueil des lendemains sans vie
Habillés d'un futur que mon présent galvaude
Dispersant dans le flot de ce qu'il lui dédie
Les scories affectées aux futiles maraudes.
Viens fleurir cet autel de tous les sacrifices
Offerts pour ne pas être immolé en retour
Où s'étale et fermente un trop plein d'immondices,
Rebuts de ma conscience et ses lâches détours.
Viens, mon âme, fleurir ce qui fût un jardin
Que je connus, enfant, vierge et puis fertile
Avant qu'il ne se fît aride et sans destin
Et donnes-moi la force des combats inutiles
Pour visiter, serein, mes lieux de chagrins.
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