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Je vivrais un futur qu'il faut que j'imagine
Sans vouloir dénier aux années déjà mortes
Leurs traces effacées, pour peu que j'y devine
L'idée de mon destin et les rêves qu'il porte.
Je vivrais l'infini de l'amour de Juliette,
Eternité de l'heure trop souvent galvaudée,
Si je savais au temps de ma prochaine quête,
Que nul de ses instants n'y serait maraudé.
Je vivrais le dessein cahotant et fragile
D'un âge vieillissant qui serait de légende
S'il m'était accordé quelque pensée fertile
Et le désir profond que mon âme l'entende.
Je vivrais donc ainsi l'empreinte séculaire
D'une sagesse humaine à l'échelle du monde
Espérant de mes jours jusqu'alors délétères
Un terreau d'avenir qu'il faudrait que j'abonde.
Je vivrais! Mais saurais-je, à mon cœur défendant
Ses intimes secrets aux lâchetés ferventes,
Offrir en dérivant au gré de ses courants
Les forces apaisées d'une histoire mouvante?
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