|

Les feuilles tournent en spirale en marquant des paliers
comme une main qui suit la rampe d’un escalier
Ou lorsque le vent souffle avec un bruit de forge
Dévalent comme un torrent dans une étroite gorge
les unes se déhanchent en kimono de soie
ainsi qu’une geisha progresse à petits pas
La plus part vont descendre comme une pluie de cendre
Certaines vont mourir en suivant des méandres
Beaucoup vont balancer comme un vaisseau qui tangue
D’autres vont flageoler comme un air de guitare
comme des bêtes surprises dans le rayon d’un phare
ou vont tirer la langue comme des bêtes exsangues
D’autres vont ruisseler comme des gouttes d’eau
en laissant des couleurs comme glisse un pinceau
comme une lame brillante hors de son fourreau
comme une robe de cuir taillée comme un fuseau
Beaucoup retardent l’heure sans éviter la chute
Et d’autres comme des fleurs ouvrent leur parachute
|