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Le vieux du Père Lachaise se méfie des vivants.
Il en voit tous les jours qui marchent un peu trop vite,
Des japonais polis qui polissent en souriant,
Les gros yeux mécaniques de leur mémoire en kit.
Le vieux du Père Lachaise égraine les années,
En mesurant des yeux la longueur de la branche
Qui fait, nonchalamment, le mur des Fédérés,
Quand il va compisser la tombe d’Auguste Manche.
Le vieux du Père Lachaise en raconte des choses
A ses potes d’en dessous, à Guillaume et à Pierre.
Il parle du bout des dents et soigne sa cirrhose,
En sifflant sur Chopin son litron d’ordinaire.
Le vieux du Père Lachaise a ses petits chouchous .
Des joueurs de piano, des poètes, des savants ,
Un anar au chapeau, un chanteur un peu fou
Que des filles encor jeunes visitent en chantant.
Il y a aussi ce type, qui vient chaque semaine,
Qui mesure ses pas , qui parle doucement.
Souvent il l’interroge, voudrait qu’il se souvienne.
Le vieux du Père Lachaise se méfie des vivants…
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