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Que j’aimerais de mes doigts courir les routes de ton corps,
Lézarder sur les rives salées de tes yeux noyés par l’innocente beauté d’un rire d’enfant,
Franchir les eaux brunes de tes larmes et mourir sur tes lèvres marquises,
Me perdre dans la jongle obscure de ta chevelure odorante où se mêle la noblesse romaine et le feu sacré des rites incas,
Glisser le long de tes jambes tel le cobra charmé et goûter de ma langue reptile ta peau sucrée,
Gravir les cimes rosées de tes oreilles pour y verser ma prose naïve, percer ton indifférence,
Ecouter le chant de la chouette dans la nuit étoilée de tes prunelles profondes, pénétrer les miroirs de ton âme,
Me lover dans le puits démiurge de ton nombril, de ta matrice bâtir un nid pour mes songes,
Enfin m’assoupir, vainqueur et vaincu, contre ta poitrine blanche ; fermer les yeux et percevoir les battements de ton coeur remontant doucement de tes abysses comme des bulles espiègles envahissant le cockpit vacillant de ma mélancolie...
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