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VIEILLE EVE.
(Ou la femme cougar)
La cinquantaine, divorcée, (bien sonnée)
Les enfants au chaud, tous casés,
Elle court tous les bals musette,
Ménagère midinette,
Dont la jeunesse fut volée
Au premier amour printanier.
Aujourd’hui enfin libérée
D’une prison chrysalide,
Tell’ la libellule mitée,
Pas fraîch’, mais encor valide
Elle bouffe, avec un appétit
Sans faim ses bas de laine,
Les dernières loques de sa vie,
Usant ses dents incertaines.
Le premier encor beau venu
Séduisant au cœur inconnu,
La calvitie sous la casquette,
Elle laisse choir les suffragettes.
Se fait tirer, le cœur vide
Et pas seulement les rides,
Libérant le flot de ses désirs
Trop longtemps scellés à la cire
Des meubles qu’elle a encaustiqués.
Nouvelle Eve désemparée,
Elle renfile son porte-jarretelles,
Lance-cœur d’une vie nouvelle.
Au miroir de son avenir
Elle accroche ses souvenirs
Qu’elle farde comme ses paupières,
Seule sans tendresse, trop fière.
Ménagère non ménagée,
Elle s’empêtre aux toiles d’araignée
Des fils noirs de sa guêpière
Qui l’étreignent tel le lierre,
Met ses atouts au balconnet
Pour capter les mâles quinquets,
Silicone de jouvence
Lui rappelant son enfance.
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