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Mer rouge

le mardi 06 novembre 2012, à 18:38. Posté par Kariane


    On l’appelle la mer de l’oubli,
    Et parfois, la mer des rêves.
    Celle où tout à l’air de se construire,
    Mais où, pourtant, rien ne se lève.

    Sa pâleur est lumière,
    Son ardeur est aimée,
    On la respire comme de l’air,
    On l’accepte comme la vérité.

    Mon corps a beau être sur place,
    Mon cœur est bien loin d’ici.
    Mon inconscient m’enlace,
    Je glisse, oubliant l’histoire de ma vie.

    Je me laisse emporter dans ce torrent d’illusions,
    Qui me fait oublier le temps de la raison.
    Ne plus penser à se retourner, ni même à s’évader,
    Le mieux est de se laisser couler sans regrets.

    Cet univers rêvé, doucement m’enfonce.
    J’ai beau croire à la caresse de ses belles ronces,
    Elles ne m’apportent aucune réponse,
    Et n’en restent pas moins mortelles.

    Je ne me rends plus compte que j’ai touché le fond,
    Et qu’à chaque seconde, je perds un peu plus la raison
    A l'inverse d'une chenille dans son cocon,
    Je me transforme peu à peu en démon.

    J’ai toutes les raisons du monde, -je ne veux plus exister-
    Je le sais depuis que tu m’as lâché la main,
    Dès lors, j’ai tout laissé tomber,
    « Pour t’oublier », disais-je, sans pour autant me sentir bien.

    Les pétales volent, planant dans l’ère du temps,
    Guidés par le vent, ils suivent son sens.
    De temps en temps, il souffle du sang,
    Moi, continuellement, je souffre d’absence.

    Je croyais à un bonheur de passage,
    Comme dans un livre de contes sans âge,
    Tant de voyages, et tant de naufrages !
    Pour suivre l’Amour – un beau Mirage- !

    « T’oublier » disais-je, « t’oublier »…

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commentaires ( 11 ) (Ajouter un commentaire)
Loïc le mercredi 07 novembre 2012, à 17:24
Si la vie semble être désillusion sur désillusion, c'est parce qu'on refuse d'accepter qu'elle ne nous obéit pas. Une fois qu'on accepte ça honnêtement et profondément, la paix peut s'installer, ainsi qu'une certaine amitié avec l'existence qui nous trahit mais à qui on pardonne parce qu'elle ne l'a pas fait exprès.

Quant à "oublier", tu n'y arriveras pas, mais ce n'est pas grave, au contraire. Tu comprendras ça dans quelques années à peine.

Et tu n'es pas encore un démon, tu entames juste un dialogue avec lui. Force-le à s'exprimer, et ses arguments faiblissent au fur et à mesure qu'ils sont dits au lieu d'être ressentis confusément.

Quant à l'amour, ce n'est pas "un beau mirage". Apprendre à savoir qui on aime, comment on l'aime, *pourquoi* on l'aime surtout, revient à se tracer lentement une carte d'un pays initialement inexploré, et influence les expériences futures. L'amour naît dans l'esprit, l'esprit change, et la conception de l'amour aussi.

Amitiés !

http://www.mespoemes.net/cellox

kariane le mercredi 07 novembre 2012, à 18:09
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http://www.mespoemes.net/kariane
Dur d'accepter que les choses ne doivent pas toujours être comme on le veut, mais pourtant c'est bien vrai et ça ne changera pas...
Oublier et avancer, je le sais bien, mêmes les cicatrices restent et nous rappellent nos erreurs, continuellement.
Bien dit pour le démon, merci. Arnaquer le diable lui-même !
Et je n'ai rien à dire sur le dernier sujet, tu as déjà tout expliqué comme il le fallait !
Poétiquement,
Kariane


oliverjane1950 le lundi 12 novembre 2012, à 23:00
Cette lecture est aussi agréable que la précédente mais la Joie ne s'y reflète pas...
Loïc est passé et t'as donné de précieux conseils à ne pas négliger.
L'Amour naît dans l'esprit mais est-ce vraiment l'esprit qui change. L'expérience nous le fait croire mais je n'en sais trop rien... On pourrait extrapoler des heures et des heures sur le sujet.
Vouloir oublier l'amour est ce qu'il y a de plus facile à faire et ferait l'affaire des travers humains et l'ego aura gagné. Dommage...
Bonne soirée
Amicalement
Oliver

bluegirl le samedi 17 novembre 2012, à 16:20

tu souffres d'absence, et ça s'assimile à une noyade?...pourtant on oublie comme on peut, pas forcément comme on veut. c'est là qu'on voit rouge...
mais peut importe, il se peut aussi qu'on ai cooomplètement zappé un souvenir important, voir un passage de notre vie, pour qu'il nous rattrape au moment ou on s'y attend le moins.
nos belles certitudes s'en trouvent parfois fort ébranlées.
et le diable la dedant, il n'est pas arnaqué, tellement il a de quoi se marrer de nous voir comment on est absorbés dans notre confusion.
comme tu le dit bien, ce n'est surement pas dans l'oubli qu'on se sent bien, mais plutôt dans le recul.
et dans le mirage de l'amour, il nous manque bien ce recul.
"comme d'hab", j'aime ta façon de prendre le temps de développer le cheminement de ta pensée, c'est un peu long mais tu as compris que ce n'est pas un reproche et c'est un plaisir de découvrire ce poème que j'avais pas encore abordé.
comme je te l'ai dit, ça a changé ma vision des choses et je commence a ralonger mes propres poèmes.
du coup, je fais dans "la morale de l'histoire..."
a l'occasion dis moi ton point de vue...
et pardonne moi pour les fautes et les répétitions!
bisous Kariane.


kariane le lundi 19 novembre 2012, à 18:18
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@ Oliver : tu as bien raison. La joie ne s'y reflète pas, le personnage est trop absorbé par ses émotions. Merci pour le commentaire, amitiés !

@Bluegirl
Ah t'inquiète, je ne me préoccupe pas trop des fautes : j'en fais moi aussi. Ce qui importe c'est la beauté de ce que tu dis : et c'est beau !
Il ne faut pas oublier, jamais ! Au contraire, il faut contempler les scènes mais comme tu le dis, avec du recul. Faire face à nos erreurs. Leur dire " la prochaine fois, vous ne m'aurez pas" et avancer !
Je n'arrive pas à écrire des poèmes courts, trop de choses à exprimer !
Je vais passer voir ton poème quand j'aurai le temps, en période scolaire c'est un peu dur..
Amitiés !

http://www.mespoemes.net/kariane

bluegirl le lundi 19 novembre 2012, à 20:21
c'est plutôt bon signe si c'est l'école qui ne te laisse pas beaucoup de temps, et ça m'étonne pas si t'es une bosseuse.
qu'est ce que tu préfères à l'école?
en tout cas niveau lucidité, tu en rattrape plus d'un, puisque tu sais tirer des leçons de tes erreurs.
poèmes courts, poèmes longs, ça dépend peut être de notre capacité à exprimer nos idées.
les miennes ont été confinées depuis l'enfance, mais j'ai pris des revanches, et ça fait un an que j'écris des poèmes. donc je n'ai pas de graaandes ambitions, et c'est pas grave si t'as pas le temps de me lire.
c'est vrai qu'au delà de ton avis, je souhaitais surtout garder le contact.
mais rien n'urge. prends soin de toi.
a bientôt.

kariane le jeudi 22 novembre 2012, à 17:42
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Ah oui je suis une bosseuse... Mais si je l'étais complètement, je ne serais pas là à parloter !
Ce que je préfère à l'école...
Dure question...
Les intervalles entre midi et deux je suppose... Et le cours de français. Et mes amis. Du reste, j'aime à peu près toutes les matières mais pas tous les cours si tu vois ce que je veux dire...ex : j'adore l'histoire mais j'aime pas le cours d'histoire.
Bref,
Oui comme je te disais, j'ai du mal à exprimer ce que je ressens sans parler beaucoup, ou écrire beaucoup... Sinon ça me parait trop court et j'estime que l'autre ne peut pas comprendre. Mais ça, c'est valable pour moi ! D'autres poètes font des poèmes percutants et courts ! Je n'y arrive pas.
Merci pour tout !
Amitiés,
Kariane

http://www.mespoemes.net/kariane

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le jeudi 20 décembre 2012, à 18:20
Coucou, Kariane,
Heureusement qu'il reste quelques uns de tes poèmes que je n'avais pas encore lus. Aborder ce soir ta "Mer rouge" est un vrai moment de détente. Tous mes arguments pour faire valoir ma conception de la poésie, m'a épuisé !!!!!!!
Tu verras, j'ai remis aujourd'hui un com' explicatif, exemples à l'appui.
Ta "Mer rouge" donc.......
Peut-être est-ce le poème que je préfère de tout ce que j'ai lu de toi, depuis le début. Une chose est sûre : tu as un style bien à toi. Cette fois-ci on n'est pas dans le surréalisme. Tout le poème est à la première personne. Il est long, ce qui permet, comme le souligne Bluegirl, de suivre le développement de ta pensée. Il est intéressant de s'interroger quant au pourquoi de cette "Mer rouge" qui n'apparait que le temps des deux premiers quatrains. J'ai eu l'envie de me faire bercer, tout simplement par tes vers, et de laisser vagabonder mon esprit. Cette mer rouge fait rêver. Elle évoque les 1001 nuits, c'est un "grand lac", tout en longueur. L'eau y est transparente et turquoise, la faune aquatique y est merveilleuse, les grands navires remontent pour emprunter le canal de Suez.....Mer de l'Oubli, mer des rêves. Et soudain voilà que l'association inconsciente prend forme, comme une ébauche. La vie (ta vie ?) se voudrait peut-être Rêve. Quelle sorte de rêve ? Un état second, où tout est merveilleux, ou une tourmente onirique qui nous broie lentement ou brutalement et que l'on voudrait fuir ? S'oublier, se fondre dans l'élément aqueux (le plus doux, le plus chaud, le plus féérique, à l'instar de cette Mer Rouge). Pour oublier que l'on existe. Mais mourir à soi pour renaître bien sûr. Mer.....rouge, rouge comme le sang ? Comme le rubis extraordinaire . Comme le sang du soleil ? Fuir dans un inconnu voyage, sans boussoles, sans repères, pour ne plus savoir où l'on est. Chasser doucement les illusions.....et revenir à la surface des eaux enfin apaisées. Elles n'ont jamais été tempétueuses. Ce n'était qu'une.....illusion ! Mer Rouge, symbolique matrice de nos retours à l'Alpha. Revigorée .....ou apaisée, sous les ailes tièdes de la Raison, tu vas alors pouvoir continuer ton chemin vers l'Oméga. Patience et confiance. L'Oméga est encore loin.
Voilà, Kariane ce que m'inspire ton poème, à travers des mots-pensées qui sans que je le veuille sont devenus à leur tour une sorte de poème, comme un écho, un peu psychanalytique. Tu prendras ce qu'il te convient....ou tu ne prendras rien du tout. C'est la démonstration par laquelle une poésie ET L'EMOTION QU'ELLE CONTIENT peut susciter une autre émotion, une sorte d'émotion-soeur.
D'où, et c'est la chute, la démonstration que la poésie, en classique ou pas, est un vecteur d'émotions. Amitiés sincères, Kari@ne.
Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

kariane le lundi 24 décembre 2012, à 11:26
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@ Philip
Désolée du retard ! En fait j'avais lu ton com' mais j'en avais plein d'autres derrière du coup j'ai cru y avoir répondu mais en fait non je me suis emmêlée les pinceaux !

Alors oui, je suis heureuse que celui-ci soit un de mes poèmes que tu préfères !
Ce poème vient lui aussi de paroles de chansons que j'ai écrites il y a longtemps... Au départ, il s'appelait " Le Cocon".
Voilà l'histoire à laquelle j'ai songée en écrivant ce poème/ chanson :

Le premier quatrain désigne un espace très vaste et attirant. Il est connu, et la personne le sait, pour être un espace appelé aussi " Mer" qui est facile à atteindre mais très difficile à quitter. Une mer où toutes les choses que nous n'avons pas pu construire sont enfin possibles à créer. Mais le dernier vers du quatrain, " Mais où, pourtant, rien ne se lève" signifie que rien ne devient concret. Je vais décrire cela avec une image :

Un enfant qui dessine la vie de ses plus grands rêves sur le sol ; Un dessin représentant une vie où il serait riche plus tard, avec une belle famille etc...
Mais une fois qu'il l'a finit, le dessin reste collé au sol. Il ne se " lève" pas, et ne reste qu'un rêve sur une vulgaire feuille.

Je ne sais pas si tu m'as suivie... Bref.

Ensuite les deux quatrains suivants décrivent l'attirance que cette Mer si splendide exerce sur les personnes fragiles ; elles se laissent glisser, pensant qu'elles n'ont plus rien à perdre et tout à gagner, elles se laissent abuser par ce décor trompeur.

Et puis ensuite, ça y est, la vie de la fille bascule. Elle oublie tout, ne peut plus retourner en arrière. Cette Mer lui cause des blessures " les belles ronces", qu'elle ne sent pas. Elle se croit en sécurité mais s'éloigne de plus en plus de la réalité... ça y est, elle s'est perdue.

La cause de la fragilité existante chez cette personne est la perte de l'être aimé, perte peut vouloir désigner " la mort", ou tout simplement qu'il l'ait abandonnée, oubliée...

Elle pensait avoir enfin trouvé ce qui lui manquait depuis le départ de cet être aimé : ce refuge utopique.

L'avant dernier quatrain :
La fille ne semble plus être consciente de ce qui lui arrive. " De temps en temps, il souffle du sang" , cette phrase est dite de façon naïve, comme si c'était normal et futile que le vent " souffle du sang". Les pétales de roses sont mélangés au sang, la fille s'embrouille et confond tout ; et enfin, dernier quatrain, elle a renoncé. Elle disparait avec cette dernière pensée : " je CROYAIS..." : en gros, elle comprend enfin qu'elle s'est toujours trompée.

Voilà voilà !
Amitiés,
Kariane






http://www.mespoemes.net/kariane

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le lundi 24 décembre 2012, à 11:54
Waow, je bénis les vacances scolaire (et les rapports de stage ENFIN FINIS) qui te donnent plus de temps pour écrire. Ton com'-explication est un poème à lui seul. J'ai tout compris.
C'est marrant, mais ce que tu expliques sur les deux premiers quatrains, je le pressentais un peu. Je l'ai décrit à ma manière dans mon com'.
Ta comparaison de "l'un enfant qui dessine la vie de ses plus grands rêves sur le sol" est absolument époustouflante et bouleversante de beauté.
Tu sais ? Sur ce thème (L'enfant qui dessinait sa vie....quel titre sublime), tu devrais faire un poème, racontant et détaillant ce que tu m'as dis. Non, sérieux ! Je te dis ça, parce j'ai trouvé l'allégorie tellement belle que je me dis, TRES SERIEUSEMENT : "si faire un poème là-dessus n'intéresse pas Kariane; alors je lui demanderai l'autorisation de l'écrire ce poème à partir de son idée". Mais surtout, comme je pense que ce serait super que tu l'écrives, ne me le laisse pas, pour me faire plaisir. TU AS LA PRIORITE là -dessus. Sauf, si l'idée ne t'intéresse pas (auquel cas, je ne manquerai pas de dire aux lecteur que c'est "à partir d'une idée de Kariane" .
Mais, prends tout ton temps pour réfléchir à ça.
A part ça, tu as vu, Katline, c'est super beau comme poésie, hein ?
Bon, t'inquiète, lorsque je prononcerai le palmarès de la palme d'Or de la jeune poésie française, je vous déclarerai toutes les deux ex-aequo, comme ça, il n'y aura pas de jalouses !!!
Je ne serai pas trop sur le site, à quelques heures du réveillon. Alors, chère Kariane, je te souhaite de tout coeur, une très très belle fête de Noël. Amitiés et gros bisous. Philip.

kariane le lundi 24 décembre 2012, à 17:08
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Cher Philip,
Oui, c'est sur, mes commentaires se doivent d'être plus longs puisque je suis maintenant en VRAIES vacances !! Et je les écris avec plaisir !

Je suis ravie à l'idée que mon com' t'ait tellement percuté... Que tu dises qu'il est un poème à lui seul, c'est très touchant !
J'aime beaucoup l'idée que tu vient de me donner, je vais donc essayer de faire un poème dessus !
Et si par contre, je n'y arrive pas ou je n'ai pas l'inspiration, je te le laisserai BIEN ENTENDU, ça me ferait autant plaisir que tu l'écrives ! Simplement, je vais déjà essayer. ça n'arrivera pas tout de suite je pense... Je t'en dirai des news !

Oui j'adore ce que fais Katline. Je l'ai bombardée de commentaires !

Ah merci c'est bien flatteur tout ce que tu dis !

Un très Joyeux Noël à toi !

Sincères amitiés !
Kariane
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