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Son sourire d’ange pur, souillé.
Ses yeux rieurs enfantins, brouillés.
Ce qui nous unissait est mort et enterré.
Pourquoi ? Personne ne le sait.
Son armure se casse, et sous sa carapace
On peut apercevoir une tout autre personne.
Nous ne sommes plus que des taches,
Des papiers salis qu’il abandonne.
A quoi bon se tenir et s’accrocher,
Si au moment de nous secourir il nous lâche ?
Rien ne passe, pas même l’ombre d’un regret,
Il nous laisse perdus au bout d’une impasse.
Des larmes coulent, et des poings saignent,
Mais, de son côté, il demeure étrangement secret.
Le supplice nous ronge, rien n’est plus pareil,
Si on ne connait la cause, comment se délivrer ?
Le songe le plus rêvé serait qu’il nous appelle,
Qu’il nous harcèle même, de ses paroles,
De se écrits, de ses pensées. Laissant ce rôle,
Cet état déroutant dans lequel il s’est plongé.
Rien ne lui ressemble, je nourris un gouffre.
Lui ignore que je souffre. Et mes mains tremblent,
Et mon cœur pleure de rancœur
Envers celle qui l’a tant changé.
Mon âme crie de douleur, vaincue.
Mes anges, déchus, pour moi ne prient plus.
Tant est la peine que sous son poids elle s’effondre,
Mes sanglots me condamnent à rester dans l’ombre.
L’injustice est telle que j’aimerais casser des murs,
Les quatre qui m’entourent et les barrières de mon esprit.
M’exposer enfin aux yeux de tous, sans aucune armure.
Observer leur dégout et salir leurs regards naïfs.
Blesser la Terre entière, l’attaquer, l’agresser,
« Vous avez raté le monde ! C’est un fait ! »
- Voudrais-je à tous leur crier.
« Riez de mon impuissance, et regardez moi mourir de l’intérieur,
Tout a perdu son sens et sa couleur !
Vous aviez tort de dire que le monde est bien fait ! C’est faux, faux !"
-Je clamerais, fort et haut.
Pourtant seule, je demande à dépérir accompagnée,
A moisir bercée par leur pitié.
Une petite chose peut me faire haïr le monde,
Insignifiante, mais significative à mon cœur.
Un rayon de soleil qui traverse la lune pâle,
Et de mes yeux les fragments d’opales.
Après avoir tant vu sonner le faux,
Et après avoir ouï résonner le vrai,
Sachant que je vais changer d’avis bientôt,
Ce soir je peux pourtant vous l’affirmer :
Rien ne m’apporte plus de joie que cet ami,
Rien ne m’a causé autant de peine que lui.
Ce soir je maudis Dieu, l’Amour et le Temps,
De n’avoir pas pu le protéger avant.
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