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Les chevaux de la nuit
Parfois, la nuit, je m’éclate en morceaux
je danse je chante et gagne un précipice;
souvent il y a des chevaux qui glissent
sur une plage fantomatique, ils font un saut,
une pirouette sur eux-mêmes, un ressac;
en longues vagues ils se changent du tac au tac;
ce sont des déferlements de lune et de marées,
des tempêtes entravées puis des sursauts
qui ne sont jamais de longue durée.
Ces animaux purement fantastiques raniment
une flamme presque éteinte, une parcelle infime;
dès lors c’est une charge de cavalerie si légère
qu’elle se change en nuages, en hordes de l’air.
Alors je prends peur quelquefois, je m’enflamme
et comme dans un rêve je bascule vers ma femme
pour écouter le doux flux du souffle qui respire;
l’angoisse disparaît comme l’embrasement.
Mon cœur bat tranquille et vibre lentement
comme sur la mer huileuse un bon navire.

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