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Artefact...

le jeudi 15 novembre 2012, à 13:21. Posté par fanch


    Il est, dans l’allégeance à son égo immense,
    Celui qui prend, furtif, le pouvoir sans attendre,
    Elle lui dira pourtant d'écouter les silences
    Sans jamais, pour autant, qu'il veuille les entendre.

    Il est fait d'un orgueil exalté qui le hante,
    Gaspillant ce qu'il pense alors inépuisable,
    Discrète elle offrira tant de forces constantes
    Mais il ne la verra que faible et misérable.

    Il vit de ses amours en coq de basse-cour,
    De passions sans vergogne en théâtral martyr,
    Elle demeure en retrait au pardon sans détour
    Dont il ignorera qu'il le sauve du pire.

    Il est de tous ces lieux aux folies exutoires
    Oublieux de l'intime du partage des âmes,
    Elle restera toujours en éternel avoir
    Des comptes qu'il devra à sa pudique flamme.

    Il désespère peu de ce qu'il se croit être,
    Programmé dés l'enfance au destin de ses pairs,
    Elle attendra longtemps avant de se démettre
    Du rôle fusionnant l'épouse avec la mère.



    Il se décrit toujours avec tant d'évidence !
    Voulant que sa nature lui compose à l'envie
    L'expérience des temps passés et accomplis
    Pour garder à jamais le tempo de sa danse.

    Mais jamais il ne voit sa partie féminine
    Qui tient de l'harmonie d'une vieille bâtisse,
    Celle dont la noblesse peu à peu se devine
    Au rythme soutenu de l'histoire qu'elle tisse.

    Il a commis dès lors une erreur essentielle !
    Avoir pu étouffer en lui cette richesse,
    Au mépris inavoué de toutes les femelles,
    En effluves malsains du cours de sa détresse.

    Avant de s'effondrer, parfois au dernier acte,
    Mais espérant toujours que ses doutes s'effacent,
    Il dira qu'elle altère le dessein qu'il se trace
    En n'étant de sa vie qu'inutile artefact.



    En retenant de lui la raison d'être forte
    Et d'elle-même ce que son cœur lui réclame,
    Elle aura la nausée de voir qu'elle réconforte
    La gloire masculine que les siècles proclament.

    Elle dira l'illusoire de l'improbable pacte,
    Les repos du guerrier qui furent un combat,
    Les blessures sans nom infligées par son « roi »
    Pour un jour s'apaiser quand, enfin elle, saura

    Que de sa destinée, c'était lui l'artefact…

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