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Il est, dans l’allégeance à son égo immense,
Celui qui prend, furtif, le pouvoir sans attendre,
Elle lui dira pourtant d'écouter les silences
Sans jamais, pour autant, qu'il veuille les entendre.
Il est fait d'un orgueil exalté qui le hante,
Gaspillant ce qu'il pense alors inépuisable,
Discrète elle offrira tant de forces constantes
Mais il ne la verra que faible et misérable.
Il vit de ses amours en coq de basse-cour,
De passions sans vergogne en théâtral martyr,
Elle demeure en retrait au pardon sans détour
Dont il ignorera qu'il le sauve du pire.
Il est de tous ces lieux aux folies exutoires
Oublieux de l'intime du partage des âmes,
Elle restera toujours en éternel avoir
Des comptes qu'il devra à sa pudique flamme.
Il désespère peu de ce qu'il se croit être,
Programmé dés l'enfance au destin de ses pairs,
Elle attendra longtemps avant de se démettre
Du rôle fusionnant l'épouse avec la mère.
Il se décrit toujours avec tant d'évidence !
Voulant que sa nature lui compose à l'envie
L'expérience des temps passés et accomplis
Pour garder à jamais le tempo de sa danse.
Mais jamais il ne voit sa partie féminine
Qui tient de l'harmonie d'une vieille bâtisse,
Celle dont la noblesse peu à peu se devine
Au rythme soutenu de l'histoire qu'elle tisse.
Il a commis dès lors une erreur essentielle !
Avoir pu étouffer en lui cette richesse,
Au mépris inavoué de toutes les femelles,
En effluves malsains du cours de sa détresse.
Avant de s'effondrer, parfois au dernier acte,
Mais espérant toujours que ses doutes s'effacent,
Il dira qu'elle altère le dessein qu'il se trace
En n'étant de sa vie qu'inutile artefact.
En retenant de lui la raison d'être forte
Et d'elle-même ce que son cœur lui réclame,
Elle aura la nausée de voir qu'elle réconforte
La gloire masculine que les siècles proclament.
Elle dira l'illusoire de l'improbable pacte,
Les repos du guerrier qui furent un combat,
Les blessures sans nom infligées par son « roi »
Pour un jour s'apaiser quand, enfin elle, saura
Que de sa destinée, c'était lui l'artefact…
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