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Je me suis perdu, le regard sur une chaise vide,
C’est fou ce qu’elle est bavarde,
Comme un feuillage au vent tournant
Montrant ses deux faces aux rimes du temps.
La chaise est vieille, certes, mais garde son charme,
Le bois est d’un chêne sombre, sur un sol qui l’est tout autant.
Je me suis surpris à lui causer, un long monologue,
C’est drôle, il me semble qu’elle m’écoutait,
C’est fou ce que ça peut écouter une chaise vide.
Il y avait des gens qui venaient de je ne sais où,
Je leur disais : surtout ne vous asseyez pas, ne vous asseyez pas,
C’est drôle comme ils me regardaient, d’un air bizarre,
Leurs mains s’agitant comme un feuillage au vent tournant.
C’est fou ce qu’elles semblaient dire de choses
En s’en allant vers la petite porte où s’engouffrait la lumière.
Maintenant le soir est revenu, comme chaque fois,
Avec son long silence traversant la nuit
Et le chuchotement d’un passant qui disait :
Regarde, il passe son temps à regarder une chaise vide,
Se rend-il compte qu’il est fou.
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