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Les barques du désir aux flots de mon enfance
sillonnaient mon destin où vibrait l'aventure
quand je passais la nuit au tamis de mes rêves.
J'ensemençais le ciel d'un océan d'étoiles,
y créais des refrains balançant au zénith,
accrochant mon trapèze au firmament des anges.
Le monde était pour moi la moisson d'un regard
et le jour impatient me pressait de partir.
S'en est allé l'instant mâturé par l'attente.
Où est passé l'oiseau roucoulant de mon coeur?
Mes songes ?... folles nefs sur la mer de l'oubli
dont l'âge chaque jour me rapproche en grinçant.
Le vertige du soir qui me tient éveillé
dit pourtant que la vie au-dela des ténèbres
plus haute que la mort et que les apparences
a son mystère d'or et un sens à trouver
et qu'il faut m'y plonger jusqu'aux pleurs inconnus,
l'user jusqu'à la corde où se pendent les heures.
et tant vouloir l'amour qu'il nous emportera.
Voici l'aube, saignante déjà de la blessure
qui brûle dans mon coeur et ne guérira pas;
Et moi je reste là, pensif et solitaire,
car l'oiseau qui chantait est mort d'inanition.
Un poème effacé s'est décroché des cieux.
Le seul mot qu'on y lit en est de démesure,
C'est DE L'AMOUR SANS FIN que je crois deviner.
Alors le temps qui va ? L'espoir qui s'amenuise,?
Le temps?.. Sa déchirure?...La faillite des pleurs ?...
Qui parle de raison ?.. Du cerveau qui chavire?...
L'encre noire des nuits qui noya mes amours..
dans l'ombre engloutira ce que l'heure rejette,
Plus jamais je n'irai puiser à la fontaine
les fleurs de l'avenir et celles d'aventures,
plus jamais n'atteindrai les rives d'abandon
aux îles du désir et des folles idylles.
Le verdict est connu, le songe est un mensonge,
les sables d'autrefois n'ont pas gardé mes pas
et je peux oublier les serments que j'ai faits.
Mon coeur est un tombeau entrouvert et désert.
Tout est fini : l'amour, le rêve et l'espérance
et même le soupir me serait interdit.
Seul le regret stérile est donc autorisé.
Me taire et renoncer à ce qui fut ma vie
Prier si je le veux, si le peux encore
et attendre en silence et résigné la mort.
Et bien NON ! Moi je veux vivre encore !
Et vivant, je serai jusqu'au dernier soupir.
celui-là qui n'est jamais d'accord,
celui pour qui la vie est toujours un combat
et qui veut bien mourir mais pour que d'autres vivent.
Moi je crois que L'AMOUR EST SI DEMESURE
qu'on ne peut le savoir qu'aux poèmes des cieux
qui sont d'éternité et de force inconnue.
Et je serai vivant, ainsi que vous, mes frères,
tant que L'AMOUR DEMEURERA.
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