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L’ANAR AMOUREUX
Avec sa guitare en bandoulière,
Lui qui gueulait dans la rue naguère
Ce slogan ancré dans tout son être :
Ni dieu, ni maitre !
Tarabusté par la puberté,
Poussé par le désir a ajouté,
Même s’il le dit souvent par maladresse :
Que des maitresses !
Au mois de mai sur les barricades
C’est le grand patronat qu’il brocarde
Par slogan ancré dans tout son être :
Ni dieu, ni maitre !
Pendu aux bras des femmes libérées
Qui se battent pour pouvoir avorter,
Même s’il le dit sans délicatesse :
Que des maitresses !
Apéro aux terrasses des cafés
Sortie de messe, il bouffait du curé
En slogan ancré dans tout son être :
Ni dieu, ni maitre !
Aimait les mômes mais pas ceux de Marie
Voulait être un amant, pas un mari
Il le proclame avec tendresse :
Que des maitresses !
Contre l’injustice et sans haine
Se fait avocat et se déchaine
En criant, ancré dans tout son être :
Ni dieu, ni maitre !
Sur les pavés stériles il sème
La liberté, seule femme qu’il aime
Même s’il le clame dans la détresse :
C’est ma maitresse !
L’amour libre est sa seule passion,
Libre des traditions et des conventions,
Mots d’amour inscrits dans tout son être :
Ni dieu, ni maitre !
Amoureux avec un cœur fidèle,
Ce mécréant païen croit en elle,
Son idole, son totem, sa déesse
C’est sa maitresse !
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