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A Andrée Bourçois-Macé, en respectueux hommage (+ décédée en 1988)
IL est des moments de saveur exquise
Où le coeur, heureux sans savoir pourquoi,
Trouve en lui, soudain, divine surprise,
La délectation de clamer sa foi.
Comme il est aussi des moments pleiniers
Où tout l'univers paraît nous sourire.
On a l'impression d'être les premiers,
Proches du pacha qui règne au navire.
Puis il est des soirs dont la langueur grise
A l'âme abîmée en sa réflexion
Vient se transformer en douceur acquise
Au calme du ciel par contemplation.
Qui peut expliquer comment et par où
Commence à chanter cette plénitude ?
Pour quelle raison, quand tout semblait flou,
Le matin est-il plein de certitudes ?
Parfois il y a la calme harmonie
Où l'on se sent bien, en complet accord,
Où l'on va, ravi de vivre sa vie,
Tels au fond du bois les accents du cor.
Qui ne goûterait la minute rare
Où l'être, ébloui par son bel amour,
Qu'il croyait pourtant marbre de Carrare,
L'humanise au point qu'il vibre à son tour ?
Moi qui suis naïf à faire pleurer,
Je n'ai d'ambition qu'humble et partagée.
Je peux vous offrir, si vous l'acceptez,
Ma petite joie à peine entamée.
Car, ne sachant rien -ou si peu de choses-
Je préfère à tout le petit bonheur
Qui parfume l'âme autant que la rose.
Chacun sur la terre écoute son coeur.
Rennes février 1987
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