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Elle attendra pourtant…
La vie à peine éclose,
Dessinant de ses doigts des arabesques folles
Elle attendra le temps…
D’ouvrir d’un premier pas, à la saveur des choses,
Sa fragile corolle.
Elle attendra pourtant…
De jardins en écoles
Et aux tristes langueurs que sa jeunesse traîne,
Elle attendra l’instant…
De goûter au plaisir de passe-temps frivoles
Dans le bris de ses chaînes.
Elle attendra pourtant…
En grillant ses quinze ans
A l’amour esquissé d’un amant trop pressé,
Elle attendra l’élan…
Qui viendrait apporter la grâce d’un moment
A son âme blessée.
Elle attendra pourtant…
Dérivant solitaire
Au long cours de ses maux des années à vaut l’eau,
Elle attendra rêvant…
A l’être qui saurait à ses mortes jachères,
Offrir un renouveau.
Elle attendra pourtant…
D’une vie sans issue
Aux ordinaires viols qui, sans fin, la consument,
Elle attendra pleurant …
De ses larmes d’enfant dans ses pupilles nues,
Que se lève la brume.
Elle attendra pourtant…
Le corps diaphane et frêle,
Et l’esprit seulement peuplé de ses chagrins,
Elle attendra priant…
Que le peu de bonheur qu’un souvenir révèle
La recouvre un matin.
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