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Secondes à l'intime éphémère du temps
De ces plaisirs furtifs, s'accordant à la vie
Puis se désagrégeant aux éternels dépits
Dans le goût lancinant de l'échec de nos ans.
Minutes égrenées au sablier vivant
De gestes ou de mots empruntés et distants
Dont la tristesse amère en érodant le cœur
Empêche qu'il respire et qu'en sèchent les pleurs.
Heures évanescentes, embryons de romances
Aux désirs incertains qui balbutient d'enfance,
Elles seront d'envol que l'on rêve et qu'on chante
Ou les réalités d'un mal-être qui hante.
Jours que l'on sait le prix d'une aurore naissante
Et des petites vies, vers le soir, vieillissantes,
Exaltant le serein d'un heureux crépuscule
Ou le fiel exsudé des peurs qui nous acculent.
Semaines établies en nos commencements
Quand il fallût un dieu pour créer les vivants
Et que de son image, reflet dans nos miroirs,
L’on vienne à s’étonner de ne plus s'émouvoir.
Mois laissés en point d'orgue à tous les équinoxes
Qui savent des saisons vivre les paradoxes
Quand on voudrait se plaire en chapelles ardentes
Et que l'on est jachères incultes et givrantes.
Années d'une existence aux jalons ordinaires,
De fêtes sans mystères en trop d'anniversaires,
Qui diront que parfois, si quelque joie demeure,
L'apathie et l'ennui, sous ses éclats, affleurent.
Siècles qui prétendraient que l'âme reste humaine
Et qu'il n'est pas raison d'espérer d’un salut
Pour différer l'instant des craintes souveraines
D'un jugement dernier en qui l'on n'a pas cru.
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