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poème pour entendre rubinstein

le jeudi 29 novembre 2012, à 17:14. Posté par armand


    POEME POUR ENTENDRE RUBINSTEIN

    Il jouait, se doigts étaient blancs;
    Ses doigts longs, effilés couraient comme le vent de l’automne;
    Ses doigts roses sur le clavier blanc
    Blêmissaient, rougissaient, invisibles dans l’ombre;

    L’homme est noir, les cheveux sont d’argent;
    L’être volontaire ploie sur sa main gauche,
    S’agrippe à la droite dans la souplesse d’un vol;

    Il jouait, ses doigts étaient blêmes
    Comme la mort qu’ils défiaient :
    Était-ce u dieu, était-ce un homme,
    Était-ce une âme qu’ils nous donnaient?

    C’est un être anguleux comme Cocteau
    Ce sont des yeux clairs et vifs,
    Ce sont des pans de vêtement qui glissent,
    Deux boutons d’or qui emprisonnent des poignets durs
    Dans des manches de percaline lisse;

    Il jouait, ses doigts n’avaient plus de couleur,
    Ses doigts s’effritaient, devenaient fluides;
    On aurait dit deux mains qui sentaient
    On aurait dit une impression de musique :
    Debussy, comme un fantôme, planait;

    Je le voyais ce grand, cet immense
    Ce Rubinstein qui frappait la musique avec des poings,
    Je nous voyais qui regardions la rampe radieuse
    Le Pleyel sonnait comme un tambour de paix :
    En marche dure nous sortions.
    La terre était lointaine.

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commentaires ( 2 ) (Ajouter un commentaire)
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le samedi 01 décembre 2012, à 18:22
Arthur RUBINSTEIN ! Quel pianiste, n'est ce pas ? Dans le même ordre, il y avait aussi, Stanislas HOROWIK que tu dois connaître aussi. J'ai vu des vidéos où l'on voit Rubinstein jouer. L'artiste était vieillissant, mais ses doigts n'avaient pas d'âge, étaient alertes sur le clavier. Tu évoques Debussy. Quelle clarté dans cette musique, que des doigts magiques ont transcendé. Pour pratiquer le piano depuis des années, et bien modestement, je peux te dire que c'est seulement maintenant que je prends conscience que certains "doigtés" donnent de l'âme à la musique. Des Rubinstein et Horowick eux avaient cela de façon innée. Inutile même que je fasse la moindre comparaison. Mais des gens comme ça m'ont fait comprendre la synergie entre notre âme où notre coeur) et la musique. J'ai composé voici quelques temps, une petite sonate, oh très modeste. Je la joue souvent et lorsque l'âme et le coeur passent à travers les notes jouées, c'est un moment de bonheur absolu. Et crois-moi, ma petite sonate ressemble plus à du Richard Clayderman qu'à autre chose.
Alors, ami, continue à te régaler du talent de si beaux artistes. Amitiés. Philip.

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