|

Les poètes font renaître aux confins de la nuit,
L'étoile oubliée qui illumine leur univers,
L'écume des vagues, le jour qui s'enfuit,
Magnifiant l'amour, le distillant dans des vers.
Ils sont à tout jamais capteurs de l'insondable,
Brodant les maux de leur plume, se donnant du courage,
Et les protège de la hantise, des ombres indésirables,
En soufflant sur l'âme une brise, sur le coeur un nuage.
Il se blottissent sous l'écorchure des premiers froids,
Saignant leurs larmes, leurs blessures inavouées,
Qui recèlent la perdition, l'ennui qui les broie,
Et taisent l'arrogance de leur vie tourmentée.
La poésie nous amène parfois à ne plus distinguer,
La face cachée de la triste désillusion,
Ni même la délivrance qui se profile à nos cotés,
Pour dénouer les méandres des vaines conspirations.
Alors parfois ils sombrent enchainés à l'hiver,
Happés par la spirale de leurs pensées,
Gisant sur les berges du fleuve ou de la rivière,
Ne trouvant pas d'eau pour les abreuver.
Chacun de nous esquisse son sens de percevoir,
Si l'écoute et l'expression ont une incidence,
D'élargir l'échange et de faire prévaloir,
Le regard porté au delà des apparences.
Quand la beauté n'a qu'une valeur symbolique,
Qui se fond dans les rimes ou dans la prose,
Elle s'éparpille sur un thème mélancolique,
Qui dévoile ses contretemps moroses.
|