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Et un silence de trop ... ( Slim le Poète )

le mardi 18 décembre 2012, à 15:42. Posté par COLLECTIF (auteur : Slim le Poète)






    Et un silence de trop...



    Comment faut-il m’y prendre pour tout vous raconter sans m’émouvoir ?
    Ce soir, j’ai comme le sentiment qu’autour de moi tout l’univers s’enlise
    tant j’ai du mal à me résigner qu’il n’est plus parmi nous en ce grand soir…
    Si seulement vous saviez à quels terribles affronts son âme a du être soumise !…

    Il est donc passé le temps béni où il s’adonnait à un noble labeur,
    tout lui souriait et l’invitait davantage aux délices de la vie,
    tout semblait lui ouvrir les portes toutes secrètes du bonheur,
    il se voyait déjà sur les pas d’une vie sereine, pleinement réussie…

    Et puis soudain tout s’arrêta !...grand et terrible fut son désarroi !
    Son éviction, à lui, prit à ses yeux l’air mauvais d’un grand abandon…
    Il vit, à son regret, le grand arbre de sa vie se défeuiller brutalement,
    il se vit, rejeté de partout, soudain livré à la famine et aux grands froids !

    Comme le cri étouffé d’un homme perdu dans l’immensité de la mer,
    comme une vie bien éphémère qui n’a rien vu venir sinon sa mort,
    ou le vol fou de la guêpe ivre pourtant d’air et de tellement de lumière,
    tout s’arrêta donc, Seigneur !pour cette grande âme sacrifiée à tort…

    Sa vie, comme une grande porte grinçante, à jamais, se refermait,
    rien n’était pareil en lui, ni son regard ni sa vieille et douce bonhomie,
    il cachait dans son pardessus râpé quelques anciens recueils de poésie,
    des photos de famille, vestige d’une existence que très fort il aimait…

    Mon Dieu, se disait-il, qu’il fait sombre et gris dans ces tristes ruelles !
    et comme je me sens seul et livré à la vilenie et aux esprits rebelles !
    De guerre lasse, il s’allongea à même le pavé combien dure et glacé
    et, d’un long et épais carton, il crut pouvoir protéger son grand corps lassé…

    Il s’en allait donc, il prit parti, la vie d’ici bas est harassante,
    pensait-il, aux peines et aux déboires, je crois qu’elle s’apparente…
    Aussi choisissait-il de la quitter avant qu’elle ne le quittât déjà
    et pensait pouvoir y arriver bien qu’étant déjà extrêmement las…

    Ce soir encore, j’ai du mal à placer des mots sur cette terrible misère !
    Que lui valurent, Seigneur !aux toutes premières lueurs de cette aube blafarde,
    toute cette foule dense agglutinée autour de ce corps froid et au visage hagard
    et toutes les oraisons funèbres que l’on réserve à ceux qui choisirent de se taire ?…

    Les pensées brûlent en mon cerveau, je n’ai pas plus de mots que de raison,
    L’encre de mon cœur s’est vite asséchée, je crains de ne plus être inspiré !…
    Honte à moi, mon Dieu, si cette aube blafarde ne m’a pas plus tôt éclairé
    Ou si j’ai osé, ne fût-ce qu’un instant, mêler ma voix au terrible chœur de la déraison !...



    Slim le Poète





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commentaire ( 1 ) (Ajouter un commentaire)
didou le mardi 18 décembre 2012, à 21:36
--SLIM EST UN ENCHANTEUR DES PHRASES ET DES MOTS UN UNIVERS TOUT A LUI merci AU COLLECTIF DE LUI RENDRE CET HOMMAGE --
http://www.mespoemes.net/didou

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