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Que je voudrai :
En ta rose verticale, faire,
Une entaille charnelle,
Là, en cet endroit juste entrouvert,
Semblable à une cible frêle,
En repoussant les parois timides,
D’une fièvre balbutiante,
M’abîmer en une source limpide,
Fragile mais magnificiente.
Que je pourrai :
De toi, ma friandise docile,
Exprimer la liqueur,
De mes mains, presque viles,
Jusqu’à l’ultime lueur!
De jus dedans ton fruit,
Jusqu’au terme de sa moelle,
Lors d’une crapuleuse nuit,
S’achevante sur une aube saoule.
Que je saurai :
Te prendre comme un objet,
Victime de mon dessein :
Une pierre pour mes jets,
Une fronde dans ma main;
Subissant, tout, de ma force,
Ravagée par mon poids,
Telle une plume, ton écorce,
Répondant sous mes doigts.
Que je devrai :
Craindre de voir ma figure,
Prisonnière d’un cadre,
Souffrante d’une malsaine usure,
Vieillie de rides ladres,
Fétide telle l’image de Dorian Gray,
Hideuse de mon âme,
De corrompre la blancheur du gré,
D’une fleurissante femme..
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