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Les gens d'en face
oublient
la buée sur la glace,
la nuit,
celle qui coule en rideau
sur la vitre gelée,
s'étirant, moite, en eaux,
par le froid, avalé.
Les gens d'en face
épient
mes gestes, quand j'enlace
et prie
mon Créateur d'écarter
le péché qui s'entête
comme promesses butées,
à coucher en ma tête.
Les gens d'en face
sourient
de lèvres qui grimacent...
J'en ris!
Derrière nos fenêtres,
leur ombre se mutine
au jour qui s'en vient naître
en lueurs mâtines.
Les gens d'en face
m'épient...
Doucement, puis entassent
mes peurs à leur mépris...
Je ne sais plus l'été;
ma jeunesse se fane;
ma vie émiettée
dans leurs yeux, se pavane.
Mon ombre, ta lumière:
Voici ces gens d'en face!...
deux images tortionnaires
nouées au temps qui passe.
Mando Espartero
http://www.mespoemes.net/mandoespartero
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