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Berçant l’illusion au risque de mensonges
Tu me veux sans rival, l’enchanteur de tes songes,
Le galant délicat qui jamais ne faiblit,
Envoûtant la fraîcheur d’une fleur dérobée,
L’illustre rimailleur que la rime établit
Dans l’honneur virginal de la gloire exhibée.
Tu me vois Pierrot, affublé de charmant,
Assoupir Colombine au sein du bois dormant,
À ses lèvres ravir un baiser impudique,
Puis, soudain me troublant d’un aveu délicat,
Je deviens champion d’un rêve méthodique,
Qui, séduisant ton cœur oblige au reliquat.
Me désirant acteur d’interminable ouvrage
Tu embellis l’amant du talent du courage,
L’engouffrant à souhait dans ton éternité,
Pour qu’il soit le soleil qui dans ta nuit s’enflamme
Consumant la passion dans la pérennité
D’un serment investi du bonheur de la femme.
Te voulant adulée, ampleur que tu poursuis,
Pourquoi, dans cet abstrait, ne vois-tu que je suis,
Le drame de l’amour qui le cœur congestionne,
L’homme que l’émotion surprend à ses moments,
Certain de ses ferveurs que le doute questionne
Quand le désir s’éveille à d’autres sentiments ?
Dans la cupidité s’emparant de noblesse,
Qui à coups de sarcasme exile la faiblesse,
Je suis l’impétueux, subtil dans ses ardeurs,
Qui, chaque jour nouveau, instruit sa conscience,
Péteux de se vouloir l’étendard des frondeurs
Qui au temps à venir rendent la patience.
Au lieu d’un toujours qu’il nous faut rançonner,
Prêchant sincérité je ne puis que donner
Ce besoin d’aujourd’hui que demain anticipe
Enchanté des moments comblés du souvenir
De la complicité qui le joug émancipe
Et construit le futur voulant y parvenir.
Jocab
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