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Relations sexuelles
Il fait chaud. Le ciel n’en finit pas d’être bleu. Les coquelicots ensanglantent champs et jachères. Le vent fait relâche. Juillet impose sa puissance. Près de la Sauldre, cachés des regards par de hautes fougères deux amants s’aiment. Goupil et Jeannot Lapin ont signé un cessez-le feu pour assister à la pièce en un acte que Cupidon a choisi de mettre en scène cet après-midi. La pie Léonie a arrêté de jacasser et en reste bec béé. Odette, la chouette en a interrompu son sommeil diurne. Elle ne se serait jamais pardonnée de ne pas avoir vécu un de ces moments rares d’amour et de tendresse. Un de ces moments de fusion intense où les âmes les corps, les cœurs ne font plus qu’un et que les anges protègent de leurs ailes immaculées. Dans ces moments-là Dieu existe et s’il n’existe pas, on l’invente. Offertoire mystique que consacre dame Nature, puisses-tu durer le temps de l’univers, le temps de l’éternité. Un autre avant moi a dit la même chose en ces termes, « Ô ! Temps suspends ton vol ». La poésie fout le camp !
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Loin de-là, très loin de-là, dans une maison aux ruines encore fumantes, deux hommes en tenue camouflée de justicier divin avec sur l’épaule l’écusson noir des valeureux combattant du djiad. Le premier maintient fermement les poignets d’une sans voile de quinze ans. Le deuxième lui déchire le sexe, lui déchire la vie, lui déchire l’amour. Haine, vengeance, connerie universelle, bêtise humaine, violence gratuite, au nom de quoi bon Dieu ! La fille ne crie pas, ne se débat plus, souillée, elle regarde le ciel qui se couvre de nuages là-haut, au-dessus du squelette de charpente de ce qui fut sa maison. Deux larmes venues du fond de l’âme, s’échappent de ses grands yeux noirs et se mêlent à la sueur qui plaque sur ses tempes, ses longs cheveux de jais.
L’homme qui lui tient les poignets viole un corps dont l’âme est déjà morte. Il ne prend pas la peine de ranger son sexe, maintenant flasque, maculé de sperme et de sang dans son treillis. D’un geste sûr, il sort de sa botte un couteau, elle ferme les yeux. Elle ressent une déchirure au niveau de son cou et le flot saccadé de son sang chaud sur sa poitrine dénudée. Elle est étonnée de mourir sans trop souffrir.
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Près d’une rivière au centre de la France, les amants se lèvent et se vêtent sans un mot puis, main dans la main ils s’en retournent vers le monde pendant que s’opère dans le temple secret de la femme, le miracle de la vie.
Michel
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