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Abandon, Merveille et Charité.

le lundi 11 février 2013, à 00:22. Posté par Avenance






    …..Tiédeur, Tendresse, Avidité, Chair en tous sens recherchée, Berceau,
    Osmose, Préhension, Lèvres, Langue, Rêves d’Amour, Théâtre d’Anges,
    Forêt, Collines, Couples étranges descendant au rivage en étranges Cortèges,
    Afflux de Personnages, Terre sans Mal, Île absolue, Désir d’Eternité, loyale
    Jouissance d’Autrui, pure Dilection d’aimer et d’être aimé, Narcisse enfin
    Délivré de Soi-même, du Charme idolâtrique du Miroir, Narcisse enfin
    Transfiguré d’aimante Adoration pour les Corps et la Chair, les Choses et
    Les Êtres et plusieurs en Echo, les Visages offerts et tout l’Abandonné,
    Ainsi, trouverons-nous jamais la Cythère invisible et le Jardin d’Amour
    Aux Amis inconnus, enfin réconciliés les Uns, les Autres, trouverons-nous
    Jamais Terre absolue, Île sans Mal, le Confluent fertile, réel et de l’Être
    Et du Bien?…..

    Où sont Fontaines de Jouvence, Eaux d’Immortalité et Lacs Limpides
    D’éternelle Jeunesse, Merveille et Charité, Ô Amants imaginés,
    Incomparables Amants qui murmurent en mutuel écho serments
    D’éternité, dans le Plaisir d’aimer, en Langues anciennes et nouvelles,
    En Phrases de Savoir et d’Allégresse, Lignes de Vie, Lignes de Chance
    Croisées et recroisées et dans la Paume infinie des Caresses? Où sont
    Les Passerelles tant espérées, les Routes enfin libres reliant les Trois
    Ordres de Vie, la Main d’Humanité effaçant à jamais les blessures
    Commises et subies et la Fleur vénéneuse aux sept Epines de Douleur?…..

    De l’incompréhensible Evénement du Naître et du Mourir dont il n’est
    D’expérience possible, pourtant Chair de ma Chair, quel Savoir, quel
    Amour déployer si ce n’est le Poème en Enigmes et en Humilité, si ce
    N’est la Parole transmise dont nous sommes capables, en Signes à jamais
    Doubles, archaïques et futurs: un Naître nous échut, un Mourir nous
    Viendra que nous savons, que nous ne savons pas, êtres de l’Echéance, de
    L’Hétéronomie, du Savoir ignorant, de la Ruée des Jours, naissant, nous
    Avons désappris le Silence et L’Oubli et l’Absoluité des eaux nocturnes et
    La Nuit bienheureuse, profondeur inouïe, extrême Insu, Bonheur lové au
    Doux Recel de l’Être, Tiédeur, Tendresse…..Que faut-il retrouver, que
    Faut-il désirer? Bonté, Justice, Volupté? Il ne resta-dit-on- dans la jarre
    D’argile que la petite braise d’Espérance à donner aux Mortels pour
    Supporter les nombreuses souffrances……

    A L’Espérance, en Vérité, je préfère l’Abandon et l’Errance si dignes
    D’être aimés. Pour les Corps et la Chair, les Choses et les Êtres, pour le
    Mystère des Visages offerts et tout l’Abandonné, pour le Mystère de la
    Merveille, de la Souffrance et de la Charité……Paroles en Enigmes et
    En Humilité…..

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commentaires ( 4 ) (Ajouter un commentaire)
domidom le lundi 11 février 2013, à 16:09
Un texte bien conçu, il en dit long sur ce que recherche l'humain, tout ce que la vie nous offre représente un inestimable bonheur, mais nous ne pouvons pas tout avoir, souvent il faut nous contenter de quelques miettes, le bonheur peut se trouver quelquefois dans d'infimes petites choses, la complicités des amants, pouvoirs rassembler et réconcilier les gens entre eux, chaque expérience de la vie est un émerveillement, une fontaine de jouvence où l'on puise la pureté, la jouissance, l'harmonie, être là pour donner un peu se soi sans rien demander en retour, être là pour guérir les blessures des autres, les aider par tous les moyens, c'est aussi un des bonheurs de la vie....
Les choses que nous savons sont bien infimes par rapports à tout ce que nous aimerions connaître, je pense que l'espérance est le seul moyen d'avancer.....
Au plaisir de te lire....
Amitiés......
Domie....

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mercredi 13 février 2013, à 07:52
Mon cher Jacques,
Merci pour ton élogieux commentaire de mon poème « Dans les ruines de la Vanité » que tu es allé lire. D’ailleurs, tu as raison, il vaut mieux pour l’heure, si tu souhaites me lire, aller piocher dans mes anciens poèmes, ceux que j’écris actuellement sont écrits à la va vite ou alors un peu larmoyants. Eh bien, dis donc, que d’éloges : mes modestes vers t’évoquent le « souffle épique » (dixit) de Chateaubriand, Malraux, Hérédia….. Tu aurais pu rajouter Stendhal, que j’affectionne énormément également, d’ailleurs certains de mes poèmes ont un petit « je ne sais quoi » narratif qui évoques parfois ses voyages en Italie (Rome, Naples, Florence). Je me réjouis de ton commentaire, car là, je retrouve en toi le frisson littéraire que peut ressentir le professeur de lettres que tu es. Moi, je vénère l’écriture par-dessus tout. J’ai fait une carrière de juriste (qui implique aussi un niveau « exigentiel » d’écriture), mais j’aurais pu faire aussi le choix d’enseigner la littérature. Si tu continues à aller à la découverte de mes poèmes, tu en verras quelques-uns (j’y annonce la couleur) écrits à la manière de Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Apollinaire. Et des écrits en proses, plus profanes, à la manière de l’écrivain fantastique Lovecraft (ma saga « Azatoth »)…Stephen King !!!! (Smile)….où l’écriture châtiée d’un William Burroughs ou Breat Easton Ellis (je ne place pas ces 2 derniers au rang de littérature). Eh oui, je raffole des exercices de style. Certains y voient du talent. Oui, il faut savoir le faire. Mais pour moi, ce n’est qu’un entrainement à l’observation et une mémorisation du style et de la musique du verbe. Donc, le mérite est moindre. En prose, tu retrouveras mon style d’écriture personnel dans des écrits comme « Prologue sous un ciel gris « ou « la Déchirure », quoi que datés d’une empreinte XIX° siècle que j’affectionne.
En tout cas, merci d’avoir aimé ce que tu as lu de moi. Un poème sur les états fondateurs de notre civilisation européenne : l’idée est très bonne. Je vais y songer.
Et maintenant, place au commentaire de ton poème « Abandon, merveille et charité »…..Amitiés. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mercredi 13 février 2013, à 08:58
Cher Jacques,
Me voici à lire et relire ton incroyable nouveau poème écrit dans ton style si particulier. D’autant que je viens de réaliser que tu es du Puy-en-Velay, et il y a quelque chose de presque irréel de voir que ces vers ont été écrits…..sous la protection bienveillante de l'incroyables statue de Notre Dame de France ou de l’église Saint-Michel d’Aighilhe qui dominent la ville du haut de leurs pitons respectifs.
Venons-en à l'exégèse scripturaire de ton poème !!
Matière vivante, sensuelle, organisme, bête de chair littérale et vampirisante….tels sont tes premiers vers, dont on n’ose s’approcher à peine d’en être phagocyté. Ou plutôt, dont JE n’ose m’approcher : la peur de l’Absolution en étant délivré de Soi, pour se fondre en une universelle aimance. Oui, délivrance que promettent ces vers. Transfiguration aussi. Et défiguration du corps souffrant en une métamorphose extatique à la faveur de cette transfiguration ? Je ne m’approche pas trop, donc, de cette première strophe !!!

Aaaaah, quoi que ? Il s’agirait bien d’une fontaine de jouvence qui nous est proposée, et que constitue le rituel immuable de l’Amour. Fonction transfiguratrice, une fois de plus ? C’est l’Humanité de la quintessence, dépouillée à jamais de ses vils oripeaux. Derrière les ténèbres de l’Existence, se trouve la lumière que l’on a tellement cherchée. Noctem verterunt in diem, et rursum. Post tenebras spero lucem !

Oui , le naître est un incompréhensible évènement. Quant au mourir, le « Pourquoi ? » qu’il appelle en fait aussi un incompréhensible évènement. Nous sommes ainsi, tous, des Etres de l’Echéance.
Et voici qu’approche la fin de ton poème. A partir de la deuxième moitié de ton avant-dernière strophe et la dernière, nous voici de nouveau appelés/happés par la Bête qui a revêtu, une fois de plus ses habits de tiédeur, de douceur, de tendresse, ses Habits d’Oubli. La boucle est bouclée ; Retour à la Matrice que nous n’aurions jamais dû quitter ? Retour au Néant, dont nous n’aurions jamais dû émerger ? Tout ceci n’est que « paroles en énigmes….mais en Humilité aussi » comme tu le dis. Abandon, merveille et charité. « La merveille est la base de la philosophie » disait Montaigne.
L’abandon n’est pas une résignation mais une liberté intérieure. La charité ? Chacun la laissera à soi-même.
Voilà cher Jacques. J’ai encore moults de tes écrits à découvrir. Je le ferai tout doucement.
Je t’adresse mes poétiques, philosophiques et psychanalytiques amitiés !!!!! Philip.

http://www.mespoemes.net/philipchevalier

avenance le mardi 12 mars 2013, à 22:34
Bonsoir, Philip, merci pour la lecture et tes commentaires si riches et si denses! Pardon pour cette réponse si tardive.
je découvre peu à peu tes poèmes et tes proses: tu as choisi visiblement la voie des "exercices de style" comme style d'écriture et ce choix exige une grande empathie à l'égard des paysages et des univers mentaux dont tu t'inspires mais aussi à l'égard du rythme, de la musicalité et des ritournelles propres à chaque poète. Autrement dit, cette pratique demande de remonter à la source créatrice, à la frappe d'origine du poème et loin d'être des imitations, tes poèmes sont une véritable "re-création", une reconfiguration, une transfiguration, une véritable traduction de l'oeuvre-source à l'oeuvre- cible et qui requiert une profonde imprégnation de la matière poétique.....
Pour ma part, j'ai choisi ou plutôt s'est imposée à moi, la voie d'un recentrement autour de quelques thèmes obsessionnels et il me semble que mes poèmes dessinent des cercles parfois très répétitifs, des sortes de tourbillons ou de spirales descendantes aspirant des mots-clés inlassablement ressassés: l'Origine, la Naissance, l'Attente, l'Oubli, la Disparition etc.
Amitiés. A bientôt. Jacques.

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