Collectif

 

Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

Le bateau-livre ( Philip de Berg )

le dimanche 17 février 2013, à 23:17. Posté par COLLECTIF (auteur : Philip de Berg)





    (Auto-dérision d’un mirliton qui se prenait pour un Voyant)

    (Pardon Rimbaud, j’ai singé.
    Le singe c’est moi, mais je me suis bien amusé)

    Comme je prenais pied sur ces pages blanches,
    Je ne me sentis plus aimé de tous mes Idolâtres,
    Des singes disgracieux avaient pris leur revanche
    Les ayant mis au clou d’un infâme théâtre.

    J’étais tout effaré des sublimes complots,
    Qui m’empêchaient soudain d'aller noircir ces pages ;
    Quand mes yeux assassins s’emplirent de sanglots,
    J’entendis rugir, las, tous ces soupirs sauvages.

    Quand le vent cru gonfla mes voiles de papier,
    Mes chavirants orgueils touchèrent enfin les rives
    Qu’on nomme havres d’Empires de tous les flibustiers
    Cent fois, j’ai cru étreindre leurs nues si craintives.

    Sur ces lunules aristocrates je traçais au parchemin
    Des pamphlets si voraces ou des sanglots fugaces.
    Et leurs tremblants détours m’ont conduit en chemin
    Vers des vertes folies, Dieu craigne mon audace !

    Désespérants rivages aux contours assassins,
    Laissez-moi m’échouer sur vos grèves immortelles,
    Qu’une mer fantasque aux vagues étoilées,
    De ses moussus regrets, m’emporte et me flagelle.

    De gargantuesques voiles me conduisirent enfin,
    Sur les rives embrumées d’étonnante Atlantide,
    Tout ébahi, bavant d’écume, saoul comme un aigrefin
    De languides devoirs pour vêture sordide.

    Ô, Orphéon féal, tes fatales meugleries,
    Comme les houles d’hiver dans ces eaux consumées,
    Dans ces océans noirs, ont allumé l’Envie
    Et rimaillé mes pleurs qu’en vagues j’ai rêvées.

    Je suis allé dompter les empires vacheresques
    Semés d’algues fatales aux grimaçants sourires,
    De vers enrubannés, de quatrains si grotesques
    Avant de me noyer en fulmineux délires.

    Californies fébriles vous m’avez recueilli,
    J’étais trop égaré pour en goûter le sel,
    Ou bien trop esbaudi pour dire que j’ai failli,
    D’errance en volupté, je n’ai plus de cervelle

    Ces fleurs épistolaires, je les ai tant rêvées,
    Elles ne sauraient vous plaire qu’en ivresses comblées,
    Evanescences rudes, j’en conviens mais pour l’heure
    Mes cotillons absurdes, sont reçus en vainqueur.


    Philip de Berg
    http://www.mespoemes.net/philipchevalier




<< Retour aux poèmes

 

commentaires ( 2 ) (Ajouter un commentaire)
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le lundi 18 février 2013, à 07:26
Merci infiniment pour cet hommage que vous me rendez, hommage que je rendais moi-même à Rimbauld. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

armandstas18 le lundi 18 février 2013, à 12:04
----
http://www.mespoemes.net/armandstas18 bel hommage à rimbaud que ces délires fous armand

Ajouter un commentaire à ce poème en tant que :

Vous devez être connecté sur Mespoemes.net pour poster un commentaire.

 

 

Mes poèmes - Forum - Livre d'or - Liens - Moi

 

Hébergé gracieusement par MesPoemes.net - Créer un site internet