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…..Fil de l’Eau, fil du Temps, fil de l’Âge, bulles d’écume blanche naissent
Et meurent dans des reflets de moire, gouffres d’eau sombre dans les yeux,
Rives d’herbes et de sable, odeur verdâtre de la vase, senteur des bois flottés,
Fleurit la saponaire sur les sentiers du bord du fleuve, dans la Mémoire et dans
L’Absence, la vipère entrevue, les rochers millénaires et les méandres que je
Sais, remous puissants des Fonds tant redoutés et ce récit, l’effroi, les deux
Adolescents noyés, l’été vibre et scintille dans le mois de Juillet sur fond de
Gouffre, de rideaux mortuaires, les Voix, les Cris évanouis sont devenus des
Personnages, au fil du Temps, l’Enfance si lointaine, bulles d’écume blanche
Et l’Eau coule sur les Visages….
Fil de l’Eau, fil de l’Âge, au jardin-labyrinthe qu’invente la Mémoire, que
Hante la Parole, des haies touffues dessinent au feuillage des histoires
Pathétiques de Naissance et de Deuil, d’énigmatiques arabesques mêlées de
Fresques et de Signes, récits d’accouplements, récits de meurtres, Joie et
Souffrance du Réel, de Rouge et d’Or sont signifiés, inextricablement, les
Contaminations et les Ambiguïtés, les Passions tristes et les Drames, les
Manigances et les Manèges et les Délires ardents, voici le Stratège et
L’Athlète, voici le Récitant aux phylactères de bronze, le Technologue, le
Thérapeute des âmes et des corps, voici les Sépultures…..
Fil du Temps, fil de l’Eau, comment ne pas se souvenir? Nous portons les
Echos et les Traces et la Peur et l’Orgueil et l’Attente au plus intime de la
Chair, l’énormité du Devoir-Être, le poids du Peu comme une honte, des
Barques lourdes vont et viennent Ô les Enervés de Jumièges! Et qui s’éloignent
À la Brume, des Nefs de Fous, peut-être, lancées vers les Lointains que nous ne
Connaîtrons jamais et les appontements nous demeurent interdits, des barques
Vont et viennent, chargées de lourdes malles de vestiges et d’inventions, d’Âge
En Âge et les Vivants laissent glisser les Morts dans le linceul de l’Eau. Ainsi
Transitent les Epoques au fil de l’Eau, au fil du Temps…..
Au jardin-labyrinthe, la rivière est profonde et le gué périlleux. Le lacis des
Chemins mêle surprises et terreurs, bosquets d’amour et statues effrayantes,
Pelouses ombragées, terres gastes et friches, Le Serpent glisse entre les
Orchidées, dans le fond des Impasses, une pierre est gravée en Rouge et Or
De lettres entrelacées, sur fond de noir, une énigme profonde et peu lisible:
« Amour est Vérité », « Amour et Vérité », « Amour ou Vérité »…
D’autres pierres gravées signalent une impossible Sainteté, une impossible Pureté,
Une impossible Vérité et l’impossible du Respect…..
Fil de l’Eau, fil du Temps, fil de l’Âge, Ô n’être qu’un fétu, qu’une écume,
Un reflet à la frange ultime des vagues!…..
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