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Quand survient l’Aurore et que là contre moi
tu viens jeune ingénue, m’enlace et te blotti
pour apaiser l’effroi de mes si longues nuits
Où je veille éperdu, maladroit et soumis
à la mélancolie d’une plume sans voie
Quand en sortant du lit sans troubler le silence
tu surprends mon absence et me retrouve assis
près du bureau verni qui souffre mes errances
Tu caresses ma tête et ses tempes blanchies
des défunts paradis aux ivresses défaites
Puis sur mon épaule tu te penches, me frôle
pour laisser lentement descendre sur mon cou
ce visage et ta joue dont la douceur m’affole
Je respire ton souffle et retrouve l’émoi
des frissons d’autrefois, des passions les plus folles
espérant de ta bouche un baiser tendre et, fou
Que tu viens déposer, m’embrassant sous le col
d’une étoffe froissée, puis que tu déboutonnes
gracieuse et si légère au dernier rai de l’Aube
Et là, l’âme sans maux que mon esprit frissonne !
Je contemple ta peau qui se revêt des cieux
et des couleurs de l’ambre aux parfums mystérieux
Puis tu saisis ma main près du bureau verni
essuyant une larme sur mes tempes blanchies
où tu quittes ce rêve ; Toi qui hante ma vie.
Louis, « Les rimes égarées » (mars2013)
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