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Fragments/ VIII
Les prés douloureux…
Au bas d’un décor enclin à de vives couleurs
Deux amants gisent dans la chapelle dévastée
Reste le sublime, une étreinte aux cent douleurs.
Reste des racines / aux reflets empourprées
Dans la vallée à jamais ravagée, aux mille pleurs,
Seules les ruines retiennent l’abime nuptial,
Une ancolie habitée à jamais par leurs cœurs,
Des corps arrachés comme deux fragiles pétales,
Dans l’ombre, sur la dalle saignée / un orchis luit,
Les murmures se mélangent aux vitraux effacés
Reste les murailles, une enceinte aux mille saillies
Reste une complainte sous l’ondée désespérée
Depuis, la souffrance dérive aux cris des crocus
Sur un bas-relief, enfouissant des rituels mystérieux
Et l’invite qui survient, du fond de leurs corpus,
M’inspire la beauté asilaire des prés douloureux.
JB
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