|
Un saule était heureux, il ne lui manquait rien ;
Il s’amusait de tout : d’un chien qui vagabonde,
Du chant d’un rossignol ou du vol d’une aronde ;
Il fallait peu de chose à cet épicurien.
Or, pour le protéger du grand froid sibérien,
Il abritait un loir, petite boule ronde,
Attendant qu’à nouveau, la nourriture abonde ;
L’hiver ne valait rien pour ce végétarien !
Constamment, la mort rôde au cœur de la forêt,
Elle eut pour le dormeur la forme d’un furet ;
Pour que l’un puisse vivre, il faut qu’un autre meure.
Si vous vous promenez sur le bord d’un étang,
Ne soyez pas surpris car, souvent, on entend
Une plainte, un sanglot : c’est un saule qui pleure.
|