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…..Brusques renversements du cours des Vies, ironie de tous Sorts, Faveur
Et Défaveur, Chance et Malchance aux dons aveugles, basculements soudains
De l’Imprévu, assemblent et désassemblent arabesques et mosaïques de tout
Vivant-mourant selon le Gré, l’Ainsi et le Procès, jusqu’à l’Extrême du
Possible versant dans l’Impossible, qu’en est-il du Bonheur si tout Sommet
Exige sa Descente future, le Su, l’Insu, l’Ivresse le Réveil? Sentinelle de Vie,
Sentinelle de Mort, guettant, guettée par le Sommeil, l’Approche est improbable
Et sûre, qu’en est-il de ta Nuit?…..
L’Immémorial de la Naissance, l’Inachevable de la Mort et l’Avenir indéfini
Tissent dans la Chair même et la Mémoire, l’étoffe couturée des Existences,
Temps tripartite, gémellité du Jour et de la Nuit, le Double a toujours déjà
Commencé le Deuil de l’Un et l’œuvre du Multiple et l’Effroi et le Rire,
Cerveau, Viscères, Crâne et Ventre, les Yeux, la Bouche et l’Ombilic rompu,
Réel tragi-comique qui s’enfonce à son Fonds, éclate en Profusion, hydre,
Monstre, taciturne Beauté! Ô Nature naturante, sans mesure ni plan, les Veilleurs
Que nous sommes endurent le Silence! Qu’en est-il du Secret?….
Ô Nature naturante, innocente et injuste, Force vitale, Force létale, que furent
Les Commencements? Mares boueuses, argiles tendres, volcans, astres peut-être,
Fonds abyssaux d’où s’éleva la Vie de silencieuse et prodigieuse Emanation,
Nous avons origine aux nappes primordiales, marais immémoriaux qui hantent
Les Légendes, bouillonnements, éclairs, soupes chimiques de Matières en fusion,
Compositions et Décompositions, Forces irrépressibles, Chaos, Effervescences,
Poussées et Pourritures nourrissantes, membrane, métabolisme, mémoire génétique,
Ô Corps vivants, mortels, qu’en est-il, Ancêtre des Ancêtres?…..
A remonter s’épuise la Raison jusqu’au Vertige, Siècles des Siècles, que sont les
Années devenues? Empreintes, Traces désertées….Contre l’Effroi, contre l’Absence,
Contre les renversements brusques des Vies, j’amasse, comme chacun, du bois
Pour un abri, dérisoires inventions de Récits et Personnages secourables, des
Symboles, des mots cousus d’illusions , de mensonges. Nul n’a vécu, ne vit ni
Ne vivra innocemment ni pur, Visages troubles dans les fontaines claires avec
L’eau sombre au fond des yeux des Origines, Narrations tragi-comiques et
Tronquées, qu’en est-il des Refuges?…..
Autrui, le Temps, la Chair, me créent, me tuent perpétuellement. Sentinelles de
Vie, Sentinelles de Mort, Ô deviner sous les milliards d’années passées et à venir,
Sous la cendre froide des Actes, de minces braises de Bonté et de Beauté, un Savoir
Et un Aimer qui permettent de vivre malgré la Peur béante et le Réel!
Réjouis-toi! Tout est lié, abandonné, selon le Gré, l’Ainsi et le Procès!…..
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