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Le temps suspend le soir, lorsque je vais rêveuse
Par les prés, par les bois, l'âme luxurieuse
Tout ce qui vit, respire ensorcèle mon cœur
Image mon passé, raconte mon bonheur
Si je veux méditer, j'ai besoin de sonnailles
De cerisiers en fleurs, de tiédeur, de pailles
Car la ville m'oppresse avec son air malsain
Elle cloisonne l'amour et pervertit l'humain
Par la postérité, les lettres de noblesses
Au travers du paraître en servant des promesses
Je vous laisses Paris, les palais et les tours
Les drapeaux, les blasons, le luxe, les tambours
Je veux quérir la vrai, l'authentique sagesse
Celle qui vient du cœur, que je nomme richesse
Si, je convoite l'or c'est celui du soleil
Point besoin de bijoux, de rubis sans pareil
Je préfère cent fois les jardins, les pâtures
Et même le crottin ou toutes les fumures
Les sentiers ombrageux border d'herbe, de thym
Quand arrive l'été la bonne odeur de foin
A l'heure du berger je redeviens poète
Car j'écoute en rêvant le chant de l'alouette
Je caresse le vent, le chêne, la moisson
Au long du val fleurit, j'admire l'horizon
Aussi comme Musset attendant la grande ourse
Je revêt le présent des frissons de la source
Peu m'importe le temps, la blancheur de mon front
Car je veux vivre, aimer plus fort que la raison
Un jour sous la ramée encerclé par les anges
Les vers que j'écrirai bercer par les mésanges
Parleront de nature au délice infini
Qui illumineront tes yeux et ton esprit
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