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J'ai imaginé une lettre que Ronsard aurait écrite à...
Ah ! comme il m’est doux de savoir
Que vous pensez à moi, Madame !
Dès à présent, je le proclame,
Je me rends à votre vouloir.
Pour vous, j’ai composé, ce soir,
Quelques vers d’un épithalame
Que très humblement je déclame ;
Ayez l’heur de les recevoir.
Oserai-je espérer l’ivresse
D’un baiser ou d’une caresse
Pour votre pauvre baladin ?
Et si vous me voyez morose,
M’ouvrirez-vous votre jardin,
Que j’y fasse éclore une rose ?
Et la réponse de la Dame :
Ô monsieur de Ronsard, je vous entends tenir
D'agréables propos ornés de belle prose ;
Il est vrai que mon âme est bien souvent morose,
Partant c'est un trésor que vous voulez m'offrir.
Vous tentez, je le sens, de me circonvenir
Par votre beau discours; pardonnez si je n'ose
Accéder à vos voeux, accepter votre rose,
Et de la refuser, j'en ai grand repentir.
Même si ce bouquet n'eût été qu'églantine,
Il doit faire plaisant en forêt de Gastine
Et votre Vendômois semble pays si doux.
Il me faut volonté pour que je me retienne,
Mais si je ne vous suis, n'ayez point de courroux.
Gardez donc votre fleur, je conserve la mienne.

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