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La Patrie, mon fils...
Vois-tu, mon fils, dans ces paisibles paradis,
Ces coquelicots piquant ce vieux champ martial
De l'ancienne Icosium, de l'antique Numidie
Qui ressuscitent, pourpres, chaque germinal?
Chacune de ces fleurs est l'âme d'un martyr
Tombé au champ de l'Honneur et de la Justice,
Chacune, de la terre, tète, pour sortir,
De ce sang sacré de l'ultime sacrifice.
Vois-tu, plus haut que la terre, plus bas que le ciel,
Ce mont bleu, si fier, auréolé de nuages,
Que sert, serviteur zélé, un bel arc-en-ciel?
Il fut, pour tes pères, l'école du courage.
Ils ont vénéré jusqu'à la mort l'Algérie;
Ils ont accompli leur devoir et se reposent.
Nous ne sommes que pour servir notre Patrie.
Que fais-tu, toi, de ces jours d'hui dont tu disposes?
On peut de force t'arracher de ta patrie,
Mais on ne te l'enlèvera pas de ton cœur.
Ta patrie est là où existe l'Algérie!
Ton Algérie est là où tu es le vainqueur!
La Patrie est ce nid où l'on peut à loisir
Vivre ensemble la Paix et respecter les Lois,
Unis et forts, Arabes et Berbères, dire
Haut que nos ancêtres n'étaient pas des Gaulois.*
*Du temps de la colonisation, on récitait malgré nous: "nos ancêtres, les Gaulois..." sous le regard vigilant de l'instituteur.
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