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Le Sonnet roumain
Le sonnet fut introduit dans la littérature roumaine par Gheorghe Asachi (1788-1869) au début du XIXe siècle, mais ce dernier, s’inspirant du sonnet italien et grand admirateur de François Petrarque, ne leur donna pas une forme particulière. Il ne respectait évidemment pas les règles de la versification française et l’on trouve diverses formes de sonnets - assez disparates - dans ses oeuvres.
C’est Mihai Eminescu (1850-1889), aujourd’hui considéré comme le plus grand poète de son pays, qui donna une forme précise aux sonnets roumains; les rimes des quatrains sont embrassées et les deux quatrains sont alternés, soit ABBA BAAB.
Quant aux tercets, ils sont écrits sur deux rimes et Eminescu a le plus souvent utilisé trois structures différentes : CDC DCD, CDD DCC ou CCD DDC.
Le mètre du sonnet roumain est le plus souvent l’hendécasyllabe.
En voici un exemple :
Ah ! Dieu quel plaisir d’entendre un tout petit
Conter ses ébats, nous en faire un sommaire,
Ou le voir dormir sur le sein de sa mère
Dont un doux baiser, de tout, le garantit.
Il est cent régals que je vous énumère :
Quand, dans la maison, sa gaieté retentit,
Qu’il croque la vie avec tant d’appétit…
Malheureusement, l’enfance est éphémère.
Devant ce trésor, chaque fois, je me dis
Que pour nous donner tant de bonheur sur Terre,
Il doit être un Ange enfui du paradis.
Face au merveilleux d’un aussi grand mystère,
Même les savants restent abasourdis,
Et moi, humblement, je ne peux que me taire.
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