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Quand le soleil descend derrière les plus hauts sommets,
Le berger, attentif, hèle les bandes séparées
Et ses chiens vigilants groupent les bêtes égarées,
Car il sait qu’autrement, sous les crocs de loups affamés,
Au cours de leur sommeil, des brebis seront dévorées.
La nature s’éteint ; le monde appartient désormais
Au peuple de la nuit : un grand duc, invisible, passe
Dans un bruit de velours ; des renards s’en vont à la chasse…
Partout rôde la mort - Pauvre de toi, si tu dormais !
L’astre du jour n’est plus ; au ciel, la lune a pris sa place
Et saupoudre la Terre enceinte d’une étrange aura,
Recouvrant d’un linceul les près et les bois qu’elle glace.
« Que la montagne est belle », hier l’était, demain sera !
J’aime tant la chanter… permettez-moi, Monsieur Ferrat.
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