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Beau troubadour, tes ritournelles
Sont de doux filtres conçus pour
Troubler le cœur des Damoiselles.
Tes mots ne parlent que d’amour
Prompts à faire tourner la tête
Quand tu viens nous faire ta cour.
Pour toi, la vie est une fête
Et tu n’y vois que ton plaisir ;
Me crois-tu donc tellement bête ?
De moi, tu voudrais à loisir,
Obtenir pleine jouissance,
À ton gré, n’avoir qu’à choisir.
Mais voilà, tu n’as pas de chance,
Car je n’entends point ton patois
Étant née en Île de France.
Mon refus te laisse pantois ?
Allons donc, une jouvencelle
Repousser un si fin matois !
Trop souvent ta voix ensorcelle
Le cœur pur d’une pauvre enfant
Qui tombe dans ton escarcelle.
Alors, toi, fier et triomphant,
Tu te ris de la malheureuse,
L’abandonne et part en pouffant.
Aussi, ne suis point désireuse
D’avec toi pousser plus avant
Une liaison dangereuse.
Gautier, mon chevalier servant,
S’il est, au chant, bien moins habile,
N’a pas la tête dans le vent.
Il ne dit rien qui soit futile,
Et s’il n’est pas un beau parleur,
Au moins lui n’est point versatile.
Alors, Monsieur le grand hâbleur,
N’essayez pas de me surprendre,
Vous êtes point bon bateleur.
Je ne suis pas votre Cassandre !
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