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Vous prenez une commère
dans une petite ville:
Toit d'ardois's, grise atmosphère,
un vieil homme nommé "L'Emile",
un chien bâtard qu'il promène
-pipi sur un lampadaire-
un ivrogne qui s'amène
et des murs suintant l'ennui.
Laissez faire, laissez faire,
voici que tomber la pluie.
Regardez comme au théâtre
quand le rideau est levé.
C'est ce que fait l'acariâtre
derrièr' son store baissé.
Deux homm's, un chien, une histoire
-entendez-vous les coeurs battre?
des coups, un cri dans le soir!...
un corps tombe comme une masse;
Laissez faire, laissez faire,
ce n'est que la mort qui passe.
La vieille est à son affaire :
elle a tout vu, entendu.
L'Emile qui gît par terre
ne nous dira rien de plus.
Le chien pleurniche en léchant
son compagnon de misère.
" Mais !: ?... Que fait Monsieur l'agent?...
NON ! Ce n'est pas celui-là !"
Laissez faire, laissez faire,
car force reste à la loi.
Demoiselle Philomène
décide d'intervenir.
Roger ne vaut pas la peine
que l'on en fasse un martyr.
"Que faites-vous, M'sieur Ballu ?..
Ce n'est pas lui, c'est Ugène.
Je l'ai vu, de mes yeux vu.
Va laissez-moi le vieux chien".
Laissez faire, laissez faire,
c'est doux un regard de chien.
On cause et on cause en ville :
"L'Ugène était fou furieux.
Un homm' qu'était si tranquille !...
Si ce n'est pas malheureux !...
L'Emile a jamais eu d' veine...
Et Roger c' grand imbécile
peut remercier Philomène..."
qui sourit en murmurant :
"Laissez faire, laissez faire,
je n' suis plus seule à présent "
Laissez faire, laissez faire,
rien n 'a changé sur la place
et le bonheur n'a que faire
d' déranger le temps qui passe..
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