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Mes vers pourraient être terribles,
Aussi profonds que mon inconnu,
Avec ces noirceurs inaccessibles
Sous l’œil vif d’un vertige contenu.
Ils auraient de tristes paysages,
Des forêts mornes et souffrantes
Où vont les vents en leur naufrage,
Leurs couleurs si pâles et mourantes.
Tais-toi donc, toi, l’insolente qui vient,
Qui de mes instants pose ses ombres
Et cherche cette porte d’où l’on ne revient,
Tais-toi fille du temps aux ailes sombres.
Qu’as-tu à verser au creux de mes mains
Cette eau trouble qui jamais n’est pure,
Quand un ciel charrie ses vieux matins
Saignant encore d’anciennes blessures.
Oui je pourrai écrire des vers nus
Sur le givre bleu des fenêtres,
Ils seraient, hélas, les larmes revenues
Des silences maquillés de peut-être,
Le murmure des fontaines mortes,
Le gémissement, en leur berceau,
Des miroirs tremblant qu’elles emportent
Dans le vol léger des oiseaux.
Tais-toi donc ma mélancolie,
Endors-toi au bord de mon cœur,
Nous y ferons ce rêve infini
Où des vents chantent l’âme des fleurs.
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