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Ils attendaient au village, la bergère angélique
Partie dans la vallée consoler la nature
La foule s'apprêtait pour les noces idylliques
Du Prince des Monts, sur sa véloce monture.
Il soufflait un vent parfumé de pétales
Qui tombaient sur les eaux alanguies du canal
Le soleil était en liesse, le joyeux carnaval
Faisait danser les ombres aux formes animales.
Irondéline avança vers la frêle licorne
Sur son cou de soie blanche où s'étirait Phoebus
Elle posa un collier de fleurs, d'asparagus
Un baiser maternel sur l'ivoire de sa corne.
Elle l'avait tant bercée, dans son bel âge tendre
Murmuré tous ces mots qu'un enfant aime entendre
Partagé ses jeux, quand sous la pluie d'amour
La terre faisait au ciel ses doux yeux de velours.
Elles avaient ensemble couru sous l'impétueux orage
Jusqu'à la grotte sacrée, où s'endormaient les fées
L'une aux cheveux d'ébène, aux boucles si sages
L'autre crinière au vent, espiègle et enjouée.
"Viens, lui dit-elle, il me faut ta chère présence
Près de moi tu grandiras, et mon palais immense
Sera tout entier pour toi, ne me fais pas offense
Je te veux près de moi avec ta descendance ".
C'est ainsi qu'on les vit arriver de la plaine
Apparition divine, ô rare phénomène !
Les deux grâces soudées par un amour magique
Toutes de blanc vêtues, et quel blanc magnifique !
Le Prince des Monts, attendri par la scène
Courut vers son aimée, qu'il croyait disparue
Et chaque jour que Dieu fait, on les voit qui promènent
Leur parfaite beauté, bien au-delà des nues.
C'est ainsi qu'ils vivent dans mes rêves, aujourd'hui
Quand la nuit descend, que toute la lune s'en vêt
Qu'il flotte sur ses volcans une vapeur moirée
Alors, comme une enfant, j'ai le cœur ébloui....

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