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Si j’étais la mort, au regard qui attend
Dans les salons, les ombres mystérieuses,
Je pourrais t’emporter, et jalousement,
Voir ton visage en nuit lumineuse,
Je pourrais regarder les chevaux mourir,
Leur nasaux d’écume s’avancer vers moi,
Sur leur socle de poussière, sans hennir,
En l’arpège solitaire des grands froids.
Dans la chambre au silence funèbre,
Je regarderais, là, les fleurs s’étioler
Et mes yeux d’arcane, jusqu’au marbre,
Par les larmes ne seraient point voilés.
Dans les pauvres soirs d’hiver, près de la croix,
Quand les cœurs tristes se brisent et pleurent,
Je serais enfoui en moi-même, en joie,
Quand d’autres, Ô douleur, apportent des fleurs.
Je caresserais tes rêves engloutis
Et la mort si froide, aux murs de glace,
Où tu es allé, où tu as fait ton lit,
Sera mienne comme l’aube qui s’efface.
Pour nous, les printemps, en un vaste déclin,
Seront fructueux d’ineffables instants,
Je serai la mort, tu seras ses mains,
Enveloppant le peu de nous pour des ans.
Je verrai la nuit comme un jour sans fin,
Un soleil bas rabattant la lumière,
Sur nos lèvres, nos fronts, l’oubli d’un chagrin,
Et mon sombre habit n’en aura que faire.
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