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Ainsi va la vie d’ici, la vie est là d’ici-bas
Elle débat et batt’rie les premiers pas dansés
Al ban des écoliers
Balancés dans l’air, sans avoir d’air,
Saoulés dans le temps
Aux folles nuits d’abus du souffleur qui s’étire et rit
C’est Bon, c’est l’ton du blues.
Et si c’était ça la vie, et si on nous l’avait pas dit,
L’épique époque aussi va de l’avant,
L’aventure est là
Allez, dis le nous donc, dis,
Dans des mots doux au dit désir ici
Efficace étape à passer
Sur ton accordéon tu touches à touches,
Écoules, et facile agis là du bout des doigts,
Docile au songe assis tu médites tes fois
T’effaces au firmament une note cassée
Qu’assez on en ait plus jamais d’enlacer la musique,
Infinie mélodie qui vit
Effile l’âme à son pas dédicacé là,
Baladant l’horizon
Ainsi va Lubat la vie
La vie ça va, tu l’as dis
Au bal aussi c’est là que t’as tout vu passer,
Le pas s’est dépaysé
Vas-y l’évasif, vas-y l’enfant,
Tout petit déjà
Jadis on l’a dit : « Mainatge aqueste côp t’en sortiras
Pas coma aquô… »
Et si c’était dommage
Pas si c’est un hommage
Aux hommes assis devant, vu de l’avant
L’aventure est là
Allez dis-le nous donc dis
Dans des mots doux au dit désir
Ici
Efficace étape à passer
E si l’oblidas dispareish deu langatge
Autant vrai coma pèc qu’un desir ambicios
« Assurément », libera, tot de l’animaut sauvatge
La cauja es coma te l’as heita
Tampac au bal a tu que trucas, a tu que rigas, a tu que ragas,
A tu que riga-raga on avèvas mis la cap
Petit cabarrut
Enqüera un cop a tu que trucas, a tu que tracas,
A tu que tôcas, a tu que rigas, a tu que ragas
A tu que riga-raga on avèvas mis la cap pelut
E si l’oblidas dispareish deu langatge
Autant vrai coma pèc qu’un desir ambicios
« Assurément », libera, tot de l’animaut sauvatge
La cauja es coma te l’as heita
Vois si tu n’es pas d’avis
À ton avis ça se vit
Vitale hésitation qui va faire éclater le banc des attelés
Balancés dans l’air, sans avoir d’air,
Saoulés dans le temps
Aux folles nuits d’abus du souffleur
Ils s’étirent et rient
C’est Bon, c’est l’ton du blues.
Et si c’était ça la vie,
Et si on nous l’avait pas dit,
L’épique époque aussi va de l’avant,
L’aventure est là
Allez, dis le nous donc, dis,
Dans des mots doux au dit désir, ici
Efficace étape à passer…
Et si tu vas tout droit, t’y auras droit !
Qui est Bernard Lubat ? Un saltimbanque, un funambule des mots et de la musique, un gus qui avec n’importe quoi vous pond de la musique comme l’orage donne la pluie. Un clown qui joue avec brio de tout avec désinvolture, qui a oublié de se prendre au sérieux bien qu’excellant à tout ce qu’il touche. Interprète, oui, mais aussi compositeur. Il se fit d’abord connaître comme batteur – son maître à battre étant Kenny Clarke -, accompagnant les plus grands : imaginez Stan Getz au saxo, René Thomas à la guitare, Eddy Louiss à l’orgue, et ce trublion aux drums, excusez moi du peu, mais cela exista, et je ne me lasse de l’écouter depuis 30 ans. Mais il est aussi un virtuose de l’accordéon, et jazzait ferme et dru avant que Galliano ne s’en mêle. Il est de ceux qui réhabilitèrent cet instrument sans s’en soucier, et sut reconnaître de grands musiciens du piano à bretelles tels que Jo Privat qui composa cette valse sur laquelle Lubat colla son poème, car je juge tel son texte. De plus, il est aussi un virtuose du piano dont il ne se prétend qu’amateur, ses références étant bien sûr les boppeurs, ainsi que Chris MacGrégor dont il a assimilé le jeu abrupt. Enfin, avec sa voix souple aux inflexions qui ne cessent de se tordre comme une tornade douce qui oublierait de s’arrêter, il chante mêlant et alliant le scat au rap sans transitions, capable de suivre chaque mot sur chaque note comme le firent si bien les Double Six, groupe au sein duquel sévit son copain Eddy Louiss avant que celui-ci ne se consacre à l’orgue (Ah ! son « Blues for Klook » !). D’ailleurs, en l’honneur de Mimi Perrin, leader des DS, il interprète dans son style Bloomdido composé par Charlie Parker : accrochez-vous aux branches ! Enfin, comme auteur, il mélange allègrement le français à l’anglais et au gascon, créant ainsi à partir de mots qui sonnent un langage musical, jetant un pont entre langage et musique, trouvant entre eux une continuité. Il ne passe pas sur les ondes, et il s’en fout depuis qqs décennies, abritant sa profusion dans son estaminet d’Uzeste. Sans doute est-ce un authentique génie – mot pour une fois à risquer - contemporain que certains ne peuvent déjà plus oublier. Et ça donne Ziste Zeste :
Ziguededon Bach digue zest’Uzeste
Ziguededon Bach digue d’Est en Ouest
Zigu’dedon Bach digue zest’Uzeste
Zigu’dedon Bach digue d’Est en Ouest
Uzeste Sud Ouest
Use estam’usine
Uzeste mot d’Ouest, ma mégalomani(e)(ne)
Geste par l’uziste
Hésta man i fésta
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