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Indifférence (tiré du CD ScatRap Jazzcogne)

le mercredi 13 juillet 2005, à 03:53. Posté par Bernard Lubat


    Ainsi va la vie d’ici, la vie est là d’ici-bas
    Elle débat et batt’rie les premiers pas dansés
    Al ban des écoliers
    Balancés dans l’air, sans avoir d’air,
    Saoulés dans le temps
    Aux folles nuits d’abus du souffleur qui s’étire et rit
    C’est Bon, c’est l’ton du blues.

    Et si c’était ça la vie, et si on nous l’avait pas dit,
    L’épique époque aussi va de l’avant,
    L’aventure est là
    Allez, dis le nous donc, dis,
    Dans des mots doux au dit désir ici
    Efficace étape à passer

    Sur ton accordéon tu touches à touches,
    Écoules, et facile agis là du bout des doigts,
    Docile au songe assis tu médites tes fois
    T’effaces au firmament une note cassée
    Qu’assez on en ait plus jamais d’enlacer la musique,
    Infinie mélodie qui vit
    Effile l’âme à son pas dédicacé là,
    Baladant l’horizon

    Ainsi va Lubat la vie
    La vie ça va, tu l’as dis
    Au bal aussi c’est là que t’as tout vu passer,
    Le pas s’est dépaysé
    Vas-y l’évasif, vas-y l’enfant,
    Tout petit déjà
    Jadis on l’a dit : « Mainatge aqueste côp t’en sortiras
    Pas coma aquô… »

    Et si c’était dommage
    Pas si c’est un hommage
    Aux hommes assis devant, vu de l’avant
    L’aventure est là
    Allez dis-le nous donc dis
    Dans des mots doux au dit désir
    Ici
    Efficace étape à passer

    E si l’oblidas dispareish deu langatge
    Autant vrai coma pèc qu’un desir ambicios
    « Assurément », libera, tot de l’animaut sauvatge
    La cauja es coma te l’as heita

    Tampac au bal a tu que trucas, a tu que rigas, a tu que ragas,
    A tu que riga-raga on avèvas mis la cap
    Petit cabarrut
    Enqüera un cop a tu que trucas, a tu que tracas,
    A tu que tôcas, a tu que rigas, a tu que ragas
    A tu que riga-raga on avèvas mis la cap pelut

    E si l’oblidas dispareish deu langatge
    Autant vrai coma pèc qu’un desir ambicios
    « Assurément », libera, tot de l’animaut sauvatge
    La cauja es coma te l’as heita

    Vois si tu n’es pas d’avis
    À ton avis ça se vit
    Vitale hésitation qui va faire éclater le banc des attelés
    Balancés dans l’air, sans avoir d’air,
    Saoulés dans le temps
    Aux folles nuits d’abus du souffleur
    Ils s’étirent et rient
    C’est Bon, c’est l’ton du blues.

    Et si c’était ça la vie,
    Et si on nous l’avait pas dit,
    L’épique époque aussi va de l’avant,
    L’aventure est là
    Allez, dis le nous donc, dis,
    Dans des mots doux au dit désir, ici
    Efficace étape à passer…
    Et si tu vas tout droit, t’y auras droit !

    Qui est Bernard Lubat ? Un saltimbanque, un funambule des mots et de la musique, un gus qui avec n’importe quoi vous pond de la musique comme l’orage donne la pluie. Un clown qui joue avec brio de tout avec désinvolture, qui a oublié de se prendre au sérieux bien qu’excellant à tout ce qu’il touche. Interprète, oui, mais aussi compositeur. Il se fit d’abord connaître comme batteur – son maître à battre étant Kenny Clarke -, accompagnant les plus grands : imaginez Stan Getz au saxo, René Thomas à la guitare, Eddy Louiss à l’orgue, et ce trublion aux drums, excusez moi du peu, mais cela exista, et je ne me lasse de l’écouter depuis 30 ans. Mais il est aussi un virtuose de l’accordéon, et jazzait ferme et dru avant que Galliano ne s’en mêle. Il est de ceux qui réhabilitèrent cet instrument sans s’en soucier, et sut reconnaître de grands musiciens du piano à bretelles tels que Jo Privat qui composa cette valse sur laquelle Lubat colla son poème, car je juge tel son texte. De plus, il est aussi un virtuose du piano dont il ne se prétend qu’amateur, ses références étant bien sûr les boppeurs, ainsi que Chris MacGrégor dont il a assimilé le jeu abrupt. Enfin, avec sa voix souple aux inflexions qui ne cessent de se tordre comme une tornade douce qui oublierait de s’arrêter, il chante mêlant et alliant le scat au rap sans transitions, capable de suivre chaque mot sur chaque note comme le firent si bien les Double Six, groupe au sein duquel sévit son copain Eddy Louiss avant que celui-ci ne se consacre à l’orgue (Ah ! son « Blues for Klook » !). D’ailleurs, en l’honneur de Mimi Perrin, leader des DS, il interprète dans son style Bloomdido composé par Charlie Parker : accrochez-vous aux branches ! Enfin, comme auteur, il mélange allègrement le français à l’anglais et au gascon, créant ainsi à partir de mots qui sonnent un langage musical, jetant un pont entre langage et musique, trouvant entre eux une continuité. Il ne passe pas sur les ondes, et il s’en fout depuis qqs décennies, abritant sa profusion dans son estaminet d’Uzeste. Sans doute est-ce un authentique génie – mot pour une fois à risquer - contemporain que certains ne peuvent déjà plus oublier. Et ça donne Ziste Zeste :

    Ziguededon Bach digue zest’Uzeste
    Ziguededon Bach digue d’Est en Ouest

    Zigu’dedon Bach digue zest’Uzeste
    Zigu’dedon Bach digue d’Est en Ouest

    Uzeste Sud Ouest
    Use estam’usine
    Uzeste mot d’Ouest, ma mégalomani(e)(ne)
    Geste par l’uziste
    Hésta man i fésta

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Réponse ( 1 ) (Ajouter une réponse)

Re : Indifférence (tiré du CD ScatRap Jazzcogne)

le dimanche 11 mai 2014, à 21:03. Posté par russian humor


    Very neat post. Awesome.
    <a href="http://bash.im/">russian humor</a>

 

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