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Le tens léger s'enfuit sans m'en apercevoir

le mercredi 13 juillet 2005, à 04:12. Posté par Philippe Desportes


    Le tens léger s'enfuit sans m'en apercevoir,
    Quand celle à qui je suis mes angoisses console :
    Il n'est vieil, n'y boiteux, c'est un enfant qui vole,
    Au moins quand quelque bien vient mon mal déçevoir.

    À peine ai-je loisir seulement de la voir
    Et de ravir mon âme en sa douce parole,
    Que la nuict à grands pas se haste et me la volle,
    M'ostant toute clarté, toute âme et tout pouvoir.

    Bien-heureux quatre jours, mais quatre heures soudaines ?
    Que n'avez-vous duré pour le bien de mes paines ?
    Et pourquoy vostre cours s'est-il tant avancé ?

    Plus la joie est extrême et plus elle est fuitive ;
    Mais j'en garde pourtant la mémoire si vive,
    Que mon plaisir perdu n'est pas du tout passé.

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