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Des profondeurs montent les murmures des sources,
De très loin murmure la source du berger.
Près qui entendes le langage de l’onde,
Que conte à la colline la source du berger ?
Quand Ferhad s’en alla, se sentant fou d’amour,
Rien ne put l’arrêter dans sa course sans fin,
Les montagnes se fendirent par sa fougue heurtées,
Et la source du berger jaillit soudain.
Pour noyer son amour et pour noyer sa peine,
Il ciselait le marbre et il perçait le roc,
Combien de voyageur à la lèvre altérée,
Puisèrent dans ta fraîcheur, ô source du berger.
Elle conduisit les pas du volage Asli,
À la lyre de Krem son écho retentit,
Elle abreuva de pleurs les paupières taries,
Et la source du berger poursuivit son chemin.
Leylâ l’ayant trahi, son amant en est mort,
Nul n’erre à présent, altéré, sur ces monts,
Et la source du berger erre de pré en pré,
Pour retrouver la fleur par la flamme empourprée.
Les larmes des amants sont taries à jamais,
Les amours d’antan ne sont plus que légende,
C’est en vain qu’elle appelle, en vain qu’elle se lamente,
Et de-ci et de-là, la source du berger.
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