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Une odyssée cambodgienne Haing Ngor Presses Pocket

le mardi 18 avril 2006, à 19:02. Posté par paulette



    Une odyssée cambodgienne
    Haing Ngor


    Dans mon souvenir le plus lointain, je me vois debout à la porte de service de la maison de mes parents, regardant les riziètes. Elles me fascinaient. Des buttes de terre divisaient les champs inondés comme un échiquier déformé, en cases irrégulières. Un arbre s'élevait ici et là à l'intersection des fossés sinueux. Le paysage changeait avec les saisons. En



    Presses Pocket




    1979. Un camp de réfugiés à la frontière thaïlandaise. Pour Haing Ngor, rescapé de l'holocauste cambogien, le cauchemar est terminé. Quatre années de tortures, de massacres sous le régime de Pol Pot effacées par un espoir : le départ vers les Etats-Unis. Mais "un jour, se promit-il, je raconterai au monde entier ce qui s'est passé là-bas".
    Voici le récit terrifiant et bouleversant de ce jeune médecin de Phnom Penh, déporté, réduit à l'esclavage par les Khmers rouges, spectateur impuissant de la mort de tous ses proches : ses parents, sa femme, son enfant nouveau-né.



    Devenu célèbre grâce à l'Oscar qu'il a obtenu en 1985 pour son rôle dans "La déchirure", Haing Ngor a été salué dans toute la presse pour ce document qui ne laissera personne indifférent. Il continue aujourd'hui à se battre "pour que le monde comprenne mieux ce que sont le communisme et les autres régimes au Cambodge".

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Réponses ( 3 ) (Ajouter une réponse)

Re : Une odyssée cambodgienne Haing Ngor Presses Pocket

le mardi 18 avril 2006, à 19:05. Posté par Paulette


    regardant les rizières

Re : Une odyssée cambodgienne Haing Ngor Presses Pocket

le lundi 01 mai 2006, à 19:08. Posté par paulette


    (une petite partie du livre à vous de le découvrir, attention âme sensible.)


    La seule vraie bonne chose qui m'arriva au cours de cette première à New York fut de rencontrer les véritables Sydney Schanberg et Dith Pran. Le vrai Sydney était plus petit que Sam, il avait des cheveux gris, une barbe grise et d'énormes yeux tout ronds. Je l'aimai tout de suite. Dith Pran aussi. Pran était plus petit que moi, gentil et calme, et pas survolté comme certains !

    Il était maintenant photographe au New York Times comme Sydney. Pran et moi avons d'abord parlé en anglais par courtoisie pour les autres et puis nous sommes passés au Khmer. Nous avions beaucoup de choses à nous dire.

    Je lui ai demandai ce que les Kmers rouges lui avaient vraiment fait parce que certains détails avaient été changés pour le sénario. Il m'expliqua qu'on l'avait surpris à voler du riz et que les soldats l'avaient frappé. Il pensait être exécuté, mais le chef de village s'était interposé et arrangé pour qu'il soit envoyé dans un camp de rééducation où
    il dut, pour sauver sa peau, confesser toutes sortes de cimes. Pendant toutes ces années, sa femme et sa fille se trouvaient en sécurité aux Etats-Unis mais, bien sûr, il n'avait aucune nouvelle. Il avait aussi perdu tous les membres de sa famille, exécutés ou morts de faim.

    Après l'arrivée des Vietnamiens, il accepta quelque temps d'être maire d'une petite ville pour aider ses compatriotes. Mais les Vietnamiens découvrirent qu'il avait un passé politique "pas très propre" car il avait travaillé avec les journalistes américains. Il sentit le danger et s'échappa en Thaïlande où il arriva en octobre 1979.

    Pran et moi pensions que le film, pour reflèter plus exactement la réalité, aurait dû être plus violent.
    Puis, nous avons plaisanté pour savoir lequel des deux avait eu l'expérience culinaire la plus désagréable. Il avoua avoir mangé des souris, des escargots et du lézard.

    -Vous aviez des lézards ! C'est bon, ça a le goût des steaks d'ici. Moi, le meilleur repas que j'ai fait à l'époque c'étaient des oeufs de fourmis rouges et de termites.

    Il me répondit qu'il était désolé de ne pas avoir mangé d'aussi succulents insectes.

    En fait, toutes mes expériences sous les Kmers rouges étaient pire que les siennes. Mais ce n'était pas très important : faire sa connaissance c'était comme de rencontrer un frère jumeau. Je savais que nous serions amis pour la vie.

    En janvier eut lieu la première anglaise. Sydney Schanberg, Sam Waterston, Dith Pran et moi étions tous là en smoking. La duchesse de Kent, couverte de bijoux, était assise à ma hauteur, de l'autre côté de l'allée. Pour la première fois, je pus voir le film en entier avec toutes les scènes dans le bon ordre.

    Le public continuait encore à bavarder alors que les premières images défilaient sur l'écran. Il y eut quelques rires lorsque Al Rockoff, le photographe dingue, explique que la poche de glace qu'il portait sur le front pour faire passer sa gueule de bois était faite avec une serviette hygiénique. Puis, au fur et à mesure que l'on pénétrait dans l'horreur de la guerre civile, les rires disparurent et le public se fit de plus en plus attentif.

    Je commençai à pleurer pendant la scène de l'évacuation américaine, lorsque ma femme part en hélicoptère. Je ne peux expliquer pourquoi. Peut-être parce que c'était la première fois que je voyais cette scène sur grand écran. Peut-être avais-je l'impression de reperdre Huoy ?

    Une dame qui se trouvait derrière moi me tendit un mouchoir.
    Je me remis à pleurer en me voyant quitter les autres journalistes à l'ambassade de France. Je n'arrivais pas à me contrôler. Les larmes coulaient sur mes joues, et la dame continuait à me passer des mouchoirs en papier. Je pleurais encore lorsque les Kmers rouges mirent la tête d'un prisonnier dans un sac en plastique, quand je bus le sang d'un boeuf, lorsque je tombai en m'échappant, dans une fosse pleine d'ossements humains. Je pleurais toujours lorsque Sydney et Pran - ou Sam et moi - nous nous retrouvons dans le camp de réfugiés. La fin avait été filmée à Khao-I-Dang, juste en face de la barraque de l'ARC où j'avais travaillé comme médecin.

    Mais je n'étais plus seule à pleurer. La duchesse de Kent pleurait aussi. Le public resta assis, engourdi, pendant que le générique défilait sur l'écran. Puis les lumières s'allumèrent et Sydney, Sam, Pran et moi avons été présentés au public qui nous applaudit longuement, debout.

    A ma grande surprise je devins une vedette des médias. J'étais une sorte de symbole de la souffrance et du courage du Cambodge. Ou plutôt Pran et moi étions devenus ce symbole, les gens mélangeaient nos noms. Le fait que je sois moi-même un réfugié sans aucune expérience d'acteur donnait encore plus de relief au film que si un acteur professionnel avait interprété le rôle de Dith Pran.



    Haing Ngor

Re : Une odyssée cambodgienne Haing Ngor Presses Pocket

le lundi 01 mai 2006, à 19:09. Posté par paulette


    Je vous conseille de voir se film la déchirure, mais surtout liser bien ce livre.
    Paulette

 

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