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Victor Hugo (Recueil: Les rayons et les Ombres)

le samedi 29 avril 2006, à 04:16. Posté par Rosalie


    Oceano Nox (Victor Hugo)

    Oh ! combien de marins, combien de capitaines
    Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,
    Dans ce morne horizon se sont évanouis ?
    Combien ont disparu, dure et triste fortune ?
    Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,
    Sous l'aveugle océan à jamais enfoui ?

    Combien de patrons morts avec leurs équipages ?
    L'ouragan de leur vie a pris toutes les pages
    Et d'un souffle il a tout dispersé sur les flots !
    Nul ne saura leur fin dans l'abîme plongée,
    Chaque vague en passant d'un butin s'est chargée ;
    L'une a saisi l'esquif, l'autre les matelots !

    Nul ne sait votre sort, pauvres têtes perdues !
    Vous roulez à travers les sombres étendues,
    Heurtant de vos fronts morts des écueils inconnus
    Oh ! que de vieux parents qui n'avaient plus qu'un rêve,
    Sont morts en attendant tous les jours sur la grève
    Ceux qui ne sont pas revenus !

    On demande " Où sont-ils ? Sont-ils rois dans quelque île ?
    Nous ont' ils délaissés pour un bord plus fertile ? "
    Puis, votre souvenir même est enseveli.
    Le corps se perd dans l'eau, le nom dans la mémoire.
    Le temps qui sur toute ombre en verse une plus noire,
    Sur le sombre océan jette le sombre oubli

    On s'entretient de vous parfois dans les veillées,
    Maint joyeux cercle, assis sur les ancres rouillées,
    Mêle encore quelque temps vos noms d'ombre couverts,
    Aux rires, aux refrains, aux récits d'aventures,
    Aux baisers qu'on dérobe à vos belles futures
    Tandis que vous dormez dans les goémons verts !

    Bientôt des yeux de tous votre ombre est disparue.
    L'un n'a-t-il pas sa barque et l'autre sa charrue ?
    Seules, durant ces nuits où l'orage est vainqueur,
    Vos veuves aux fronts blancs, lasses de vous attendre,
    Parlent encore de vous en remuant la cendre
    De leur foyer et de leur coeur !

    Et quand la tombe enfin a fermé leur paupière,
    Rien ne sait plus vos noms, pas même une humble pierre
    Dans l'étroit cimetière où l'écho nous répond,
    Pas même un saule vert qui s'effeuille à l'automne,
    Pas même la chanson naïve et monotone
    Que chante un mendiant à l'angle d'un vieux pont !

    Où sont-ils, les marins sombrés dans les nuits noires ?
    O flots ! que vous savez de lugubres histoires !
    Flots profonds redoutés des mères à genoux !
    Vous vous les racontez en montant les marées,
    Et c'est ce qui vous fait ces voix désespérées
    Que vous avez le soir, quand vous venez vers nous...

    (Les rayons et les ombres...)

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Réponses ( 6 ) (Ajouter une réponse)

Re : Victor Hugo (Recueil: Les rayons et les Ombres)

le samedi 29 avril 2006, à 10:56. Posté par Michel (Signes de Vie)


    Oh! que je me sens rajeunir en relisant ce poème!

    Des pensées pour toi, même si je prends du recul par rapport au web où il y a de vrais poètes, mais aussi des faux derches (j'en parlerai).
    Hugo est une valeur sûre!
    Amitié

Re : Victor Hugo (Recueil: Les rayons et les Ombres)

le samedi 29 avril 2006, à 11:49. Posté par Marie


    * Malgrès que je ne lis pas beaucoup dès ma première lecture je me suis rappeller ses mots combiens d'années ont passées depuis je ne sais plus sincèrement se que je sais ses que Hugo je l'avais lus tout simplement et que j'appréciais *

Re : Victor Hugo (Recueil: Les rayons et les Ombres)

le dimanche 30 avril 2006, à 21:49. Posté par Michel (Signes de Vie)


    Dommage les fautes, Marie, dommage...
    Remarque, tu en fais moins que "Psychée"

Re : Victor Hugo (Recueil: Les rayons et les Ombres)

le dimanche 30 avril 2006, à 22:19. Posté par Marie


    * Qui est psychée ?

Re : Victor Hugo (Recueil: Les rayons et les Ombres)

le mardi 02 mai 2006, à 21:38. Posté par Michel (Signes de Vie)


    Un cas!

Re : Victor Hugo (Recueil: Les rayons et les Ombres)

le vendredi 12 mai 2006, à 18:50. Posté par Marie


    * Oui moi aussi je suis un cas, mais je suis moi et on me prend comme je suis même si en se moment je suis un sacré cas , alors on me laisse et puis après tout qui m'aimes me suives*

 

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