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Pour un peu
Pour un simple regard on oubliera l’envie
D’être ravie et gaie aux premières lueurs.
Pour un petit bonjour on oubliera les heures
Passées sur le balcon à effeuiller sa vie.
Pour une main tendue on apprendra le nom
Des villes de soleil, celles qui font rêver.
Assise sur un banc on laissera lever
Le vent de ses passés qui ont déjà dit non…
Pour un baiser secret on oubliera ceux-là
Qui un jour nous aimaient – Il y a si longtemps-
On se croira jolie. On oubliera le temps
Des cheveux décoiffés, des mots que l’on vola.
On sera oiseau-lyre ou petite hirondelle
Au printemps de l’amour, au gré des premiers pas,
On sera bon élève au bout de ses dix doigts.
Et de doute en espoir on sera sentinelle.
Les passions retenues à l’aube des orages
alors prendront le voile en un peu de tendresse.
Sans aucune révolte entre nous qui se dresse,
On laissera aller tous les cris qui enragent !
Pour un peu d’affection on oubliera les jeux
Qui font pleurer de rire et effacer les âges.
L’on connaîtra l’hiver, le froid d’autres rivages:
Mais ici-bas bien peu d’entre nous sont heureux…
Et lorsqu’un certain jour nous saurons discerner
Le vrai du faux-semblant, nous oublierons l’ennui.
Un soir de firmament, à la fleur de la nuit
Nous fermerons nos yeux, fatigués et cernés.
(Lyne C.)
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