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La question du temps est au centre de l’écriture gionienne. Denis LABOURET insiste sur la complexité du traitement de la temporalité dans Que ma joie demeure, roman lyrique surchargé de signes5. Passé, présent, futur s’effacent pour laisser place à une atemporalité poétique dans laquelle le personnage de Bobi aura tout le loisir d’apporter la joie au rythme de la Nature et des saisons. Que ma joie demeure apparaît donc comme une œuvre à la temporalité volontairement complexifiée par un Giono en proie à un conflit entre idéologie personnelle et poésie créatrice.
L’étude du motif du métier à tisser comme manifestation de la mise en abyme de l’écriture romanesque amène Jacques le GALL à faire de Que ma joie demeure un chantier littéraire dans lequel GIONO a instillé sa propre pratique d’artisan-écrivain . Fabriqué par la main de l’homme, le métier à tisser et la navette, tout deux en bois de cèdre, concrétise le « contre-monde », c’est-à-dire une vision spéculaire de la réalité à la lumière de l’expérience de l’écrivain. Les ornements fortement symboliques, eux aussi gravés au couteau par la main créatrice (le cerf préfigurant la renaissance, le filet de chasse assimilable au maillage du texte, la fleur d’Orion et sa force métaphorique…) font de cet objet un élément de fascination pour les habitants de Grémone. Au terme de cette étude riche et complexe, on arrive à la conclusion le métier à tisser est la matrice où GIONO le tisserand donner naissance à ses mots, à sa métaphore, et à son moi créateur.
Patricia Carlier (extrait)
Plus d'info:
http://www.centrejeangiono.com/pages/oeuvre-biographie2.htm
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